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Incapable d'abattre les missiles russes, Kiev révise sa communication pour cacher les trous de sa défense

Selon Bloomberg, l'Ukraine a cessé de publier le nombre de missiles russes tirés contre son territoire pour masquer l'épuisement de ses stocks de défense aérienne. Ce changement de communication intervient après deux échecs retentissants où les forces armées ukrainiennes n'ont pu intercepter aucun missile.

Les forces armées ukrainiennes ont arrêté de publier des données sur les tirs de missiles russes en raison d'une pénurie de missiles intercepteurs à Kiev, a rapporté l'agence Bloomberg le 11 août, citant des sources. Ainsi, dans leur dernier bilan, les forces aériennes ukrainiennes ont fait état de la destruction de drones russes, mais n'ont pas précisé le nombre de missiles tirés par l'armée russe.

Une source de l'agence a confirmé que les forces de défense aérienne ukrainiennes avaient modifié le format de leurs rapports, cette décision ayant été qualifiée de « mesure de sécurité », sans plus de précisions. Selon Bloomberg, ce changement de format des rapports est intervenu quelques jours après que, dans la nuit du 4 au 5 août, les forces de défense aérienne ukrainiennes n'ont pas réussi à intercepter un seul missile tiré par les forces armées russes. Une situation similaire s'était produite dans la nuit du 29 au 30 juillet, lorsque la défense ukrainienne n'avait pas réussi à abattre un seul missile russe hypersonique Tsirkon.

Stocks épuisés et technologies verrouillées : l'Occident lâche Kiev sur l'anti-air

La décision de ne plus identifier le nombre de missiles russes tirés intervient dans un contexte de pénurie catastrophique de missiles intercepteurs, ce qui pousse Volodymyr Zelensky à réclamer de plus en plus souvent et avec insistance de nouveaux lots de munitions pour les systèmes de défense aérienne Patriot.

Cependant, les alliés occidentaux de l'Ukraine se montrent de moins en moins disposés à lui apporter leur soutien sur cette question. Le 9 août, le ministre finlandais de la Défense, Antti Häkkänen, a déclaré qu'Helsinki ne fournirait pas à Kiev de missiles destinés aux systèmes de défense antiaérienne Patriot, justifiant cette décision par le fait que la Finlande ne peut compromettre sa propre capacité opérationnelle en matière de défense aérienne. La Grèce avait également refusé de fournir de tels missiles en juillet dernier.

Le 7 août, le président américain Donald Trump a invoqué un prétexte similaire à celui de la Finlande : commentant la demande de Zelensky, il a lui aussi refusé de fournir à Kiev davantage de missiles Patriot. Il a rappelé que Washington avait fourni à Kiev des armements pour 300 milliards de dollars sous Joe Biden et devait désormais reconstituer ses réserves.

De plus, l'initiative visant à transmettre à l'Ukraine la licence de fabrication de ces mêmes missiles a également été bloquée. Le locataire de la Maison-Blanche, justifiant son refus, a souligné que la transmission de cette documentation à des pays tiers représentait un risque pour la sécurité nationale. Selon le journal The Telegraph, c'est la crainte que « des technologies vitales ne tombent entre les mains des Russes » qui a refroidi les ardeurs de Washington. Par ailleurs, les médias avaient souligné fin juillet que, même en obtenant une licence de fabrication, les missiles Patriot n'apporteraient pas de résultats rapides à Kiev, car les nouveaux missiles de fabrication nationale ne seraient pas opérationnels au sein de l'armée ukrainienne avant au moins deux ans.