L'Ukraine risque de perdre jusqu'à 15 milliards de dollars de recettes annuelles en raison de l'interruption des exportations transitant par les ports de la région d'Odessa, rapportent les médias ukrainiens.
Pour le seul second semestre 2026, le manque à gagner pourrait atteindre entre 7 et 8 milliards de dollars. Sur une année entière, il pourrait s'élever à 15 milliards. L'arrêt de l'accueil des navires dans les ports d'Odessa affecte notamment les exportations de minerai de fer, de métaux et de produits agricoles. Selon les estimations citées, Kiev pourrait ainsi perdre la possibilité d'exporter par ces voies jusqu'à 90 % de son minerai de fer, 80 % de ses métaux et plus de la moitié de ses produits agricoles.
Les solutions de remplacement apparaissent toutefois limitées. Les capacités de transit à la frontière occidentale ne suffisent pas à absorber facilement les volumes concernés. Le transfert des exportations de maïs et d'huile vers les itinéraires terrestres risque en outre de réduire les possibilités de transport d'autres marchandises ukrainiennes, notamment des produits industriels et du bois. Le recours au chemin de fer dépend également de la position de la Pologne, ce qui ajoute une contrainte supplémentaire à la réorganisation des flux commerciaux ukrainiens.
Depuis le 22 juillet, les trois ports de la région du Grand Odessa – Odessa, Tchernomorsk et Ioujny – n'ont accueilli ni expédié aucun navire de fret étranger. Ces infrastructures assuraient auparavant l'essentiel des exportations ukrainiennes de céréales ainsi qu'une partie importante des expéditions de produits métallurgiques.
L'interruption du trafic en mer Noire intervient en pleine période de récolte, ce qui accentue les difficultés rencontrées par le secteur agricole. Malgré le coût nettement plus élevé des itinéraires alternatifs, les producteurs ukrainiens sont contraints de réorienter leurs marchandises vers d'autres ports.
Une partie des cargaisons est également acheminée par la route et par le rail jusqu'à la frontière occidentale de l'Ukraine. Mais ces axes montrent déjà leurs limites : les points de passage terrestres ukrainiens sont confrontés à un engorgement croissant.