La crainte de Washington de voir les technologies liées aux missiles des batteries Patriot tomber entre de « mauvaises mains » se précise. « Je crois qu'il existe une crainte que si nous donnons cette technologie à l'Ukraine, elle finisse d'une manière ou d'une autre par se retrouver en Russie », a déclaré le général à la retraite Phil Breedlove, ex-commandant des forces de l'OTAN en Europe (2013-2016), cité ce 10 août par The Telegraph.
« Il y a probablement des voix au sein de cette administration qui s'inquiètent de voir cette technologie tomber entre les mains des Russes », a-t-il insisté. Le quotidien britannique a également relaté les propos d'une source proche de Donald Trump, selon laquelle l'administration était au courant de cas d'armes fournies à l'Ukraine par ses alliés et retrouvées sur le marché noir européen.
La réticence de Donald Trump à autoriser Kiev à produire sous licence des missiles PAC-3 était apparue au grand jour fin juillet à Camp David, lorsqu'interrogé par des journalistes sur sa promesse faite à Zelensky quelques semaines plus tôt à Ankara en marge du sommet de l'OTAN, le président des États-Unis a déclaré : « Nous en discutons. Mais il est difficile de céder ce genre de technologie. Je ne pense pas que cela arrive un jour. Mais ceux à qui vous confiez cette technologie pourraient un jour se retourner contre vous », après avoir déclaré qu'il fallait être « très prudent » sur ce type de transferts technologiques et que « nous n'avons pas donné notre accord ».
Patriot en Ukraine : des batteries à plat ?
Cela faisait alors plusieurs jours que circulaient dans la presse occidentale des rumeurs selon lesquelles Boeing, qui produit le système de guidage des missiles PAC-3, pourrait revenir sur son refus d'octroyer une licence de production à un pays tiers. Une « technologie de pointe » au « cœur du désespoir de Kiev » sur laquelle est notamment revenu The Telegraph.
« Lors d'un bombardement russe mercredi, la défense aérienne ukrainienne n'a intercepté aucun des 24 missiles balistiques tirés sur la région de Kiev », peut-on lire dans le quotidien britannique, qui dramatise la situation quant aux stocks des forces ukrainiennes.
Souvent dépeints comme des missiles de défense antiaérienne qui « sauvent des vies », ces armes américaines sont également employées contre des aéronefs évoluant en Russie. Ce fut notamment le cas d'un avion-cargo Il-76 transportant vers leur lieu d'échange 65 prisonniers ukrainiens, 3 accompagnateurs ainsi que 6 membres d'équipage, abattu en janvier 2024 au-dessus de la région de Belgorod.