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Riyad lance une «coalition navale» pour sécuriser la mer Rouge face aux tensions régionales

L'Arabie saoudite et 13 pays créent une «coalition navale» pour sécuriser Bab el-Mandeb, la mer Rouge et le golfe d'Aden. L'initiative intervient après les frappes des Houthis contre les routes maritimes empruntées par les exportations saoudiennes. L'objectif est de protéger un corridor par lequel transite près de 12 % du commerce maritime mondial.

L'Arabie saoudite et treize autres pays ont annoncé la création d'une coalition militaire maritime destinée à protéger la liberté de navigation dans le détroit de Bab el-Mandeb, la mer Rouge et le golfe d'Aden. Présentée comme une alliance « purement défensive », cette initiative vise à sécuriser l'une des principales artères du commerce mondial, alors que les tensions régionales bouleversent les routes énergétiques.

Selon le ministère saoudien de la Défense, cette Alliance multinationale de défense maritime renforcera la coopération entre les États participants à travers le partage de renseignements, des exercices conjoints et des opérations navales coordonnées. Parmi les signataires figurent notamment la Turquie, l'Égypte, le Qatar, Bahreïn, la Jordanie, le Pakistan, Djibouti, la Somalie, le Bangladesh, le Yémen, le Soudan et les Comores. Une délégation de l'Union européenne a également pris part aux discussions, bien que l'UE dispose déjà de sa propre mission navale, Aspides.

Jusqu'à 12 % du commerce maritime international

Cette annonce intervient dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient. Depuis la fermeture de facto du détroit d'Ormuz, provoquée par l'agression américaine contre l'Iran, l'Arabie saoudite redirige une grande partie de ses exportations de pétrole vers la mer Rouge grâce à son oléoduc Est-Ouest. Or, ces cargaisons doivent ensuite franchir le détroit de Bab el-Mandeb, où les Houthis, alliés de l'Iran et maîtres d'une partie du littoral yéménite, multiplient les frappes contre les navires.

La semaine dernière, les Houthis ont d'ailleurs annoncé un blocus maritime visant les intérêts saoudiens, accentuant les inquiétudes sur la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux. Environ 10 à 12 % du commerce maritime international transite par Bab el-Mandeb, passage stratégique reliant l'océan Indien à la Méditerranée via le canal de Suez.

L'absence des Émirats arabes unis et d'Oman parmi les membres fondateurs a toutefois suscité des interrogations, alors que ces deux pays jouent également un rôle majeur dans la sécurité maritime régionale. Riyad assure néanmoins que la coalition reste ouverte à de nouvelles adhésions et qu'elle ne vise aucun État en particulier, mais entend préserver la stabilité d'un corridor vital pour l'économie mondiale.