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IA : l’Europe mise 30 milliards d’euros pour rattraper son retard

Bruxelles lance un appel à candidatures pour financer jusqu’à sept «gigafactories» d’intelligence artificielle. Grâce à plus de 30 milliards d’euros d’investissements publics et privés, l’Union européenne entend combler son retard face aux États-Unis et à la Chine.

L’Union européenne a officiellement lancé, le 30 juillet, un appel à candidatures visant à financer jusqu’à sept gigafactories d’intelligence artificielle. L’objectif est de mobiliser plus de 30 milliards d’euros afin de doter le continent d’importantes infrastructures de calcul et de réduire son retard sur les géants américains et chinois. L’annonce a toutefois suscité de nombreuses critiques quant à l’ampleur des moyens engagés pour un objectif qui semble inaccessible.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé sur X que « l’Europe veut devenir le premier continent de l’IA ». Ces mégastructures, associant centres de données et supercalculateurs, doivent permettre aux start-up, aux PME, aux industriels, aux universités et aux administrations d’accéder à des capacités avancées d’entraînement et d’inférence des modèles.

Dix-huit États membres, parmi lesquels la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, participent au dispositif.

Dix-huit États membres, dont la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, participent au dispositif.

Le financement repose sur un effet de levier : jusqu’à 10 milliards d’euros de fonds publics, dont 5 milliards apportés par l’Union européenne et une somme équivalente par les États hôtes, doivent permettre d’attirer au moins 20 milliards d’euros d’investissements privés. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 12 novembre 2026. Les premiers sites pourraient entrer en service à la mi-2028, dans un contexte de réarmement technologique face aux États-Unis et à la Chine.

L’enthousiasme de la présidente de la Commission a néanmoins été vivement critiqué, comme il l’avait déjà été en mai 2026. En France, Laurent Alexandre s’en est directement pris à Ursula von der Leyen, qualifiant sa communication de « pathétique ». « La Silicon Valley investit trois milliards de dollars par jour dans la recherche et le développement en matière d’IA. Vos dix milliards représentent trois jours d’investissement de la Silicon Valley », a-t-il déclaré.

Les défis restent nombreux. Environ 60 % des modèles d’IA les plus avancés sont américains, 30 % chinois et moins de 5 % européens. Les puces de pointe devraient encore provenir de groupes comme Nvidia, AMD ou Qualcomm, même si Bruxelles promet d’intégrer à terme des alternatives européennes.

Cette dépendance soulève également la question de la souveraineté technologique, une part importante des capitaux étrangers investis en Europe étant d’origine américaine.

Les enjeux environnementaux, notamment la consommation d’électricité et d’eau, pèseront également dans la sélection des projets. À travers ces infrastructures géantes, l’Europe espère désormais transformer sa promesse de souveraineté numérique en capacité industrielle.