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Naftali Bennett exclut tout État palestinien malgré les perspectives de normalisation avec Riyad

Naftali Bennett rejette toute création d’un État palestinien, même en échange d’une normalisation avec l’Arabie saoudite. Les élections israéliennes d’octobre pourraient rebattre les cartes, avec un recul du Likoud dans les sondages. Le débat porte autant sur la sécurité régionale que sur les réformes internes et les futures alliances politiques.

À trois mois des élections législatives israéliennes prévues le 27 octobre, l’ancien Premier ministre Naftali Bennett a réaffirmé son opposition catégorique à la création d’un État palestinien, y compris si cette concession devait permettre une normalisation historique des relations entre Israël et l’Arabie saoudite. Dans un entretien accordé à la chaîne israélienne Channel 12, le chef du parti Ensemble a déclaré qu’il ne céderait « aucun territoire », estimant que la priorité devait être la réforme de l’État israélien plutôt que toute relance du processus de paix.

Cette prise de position intervient alors que la question palestinienne demeure au cœur des discussions entourant une éventuelle adhésion de Riyad aux accords d’Abraham. L’Arabie saoudite a jusqu’à présent conditionné toute normalisation durable avec Israël à des avancées concrètes en faveur des Palestiniens, même si les modalités d’un tel compromis restent débattues. Bennett, lui, ferme clairement cette porte, affirmant que son gouvernement privilégierait des réformes internes majeures, notamment l’intégration des juifs ultra-orthodoxes (Haredim) au marché du travail et une remise à plat de certaines politiques nationales.

Qui pour succéder à Netanyahou ?

La campagne électorale s’annonce particulièrement ouverte. Selon un récent sondage publié par le quotidien Maariv, le Likoud de Benjamin Netanyahou reculerait à une vingtaine de sièges, derrière le parti dirigé par l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot. Le mouvement de Bennett arriverait en troisième position. Ancien commandant de l’armée, Eisenkot s’est montré plus favorable à un rapprochement stratégique avec l’Arabie saoudite afin de renforcer le front régional face à l’Iran, tout en restant prudent sur la question palestinienne.

Bennett reste fidèle à une ligne politique qu’il défend depuis plusieurs années. Opposé à la solution à deux États, il considère que la sécurité d’Israël prime sur toute concession territoriale. Son passé à la tête d’une coalition réunissant partis de droite, du centre et une formation arabe n’a pas modifié cette position. Les élections d’octobre devraient ainsi opposer plusieurs visions de la gouvernance israélienne, mais avec un point commun partagé par une grande partie de la classe politique : la priorité accordée aux enjeux sécuritaires dans un contexte régional toujours marqué par les tensions avec l’Iran, le Hezbollah et Gaza.