Téhéran se réserve le droit de riposter à l’Ukraine après la mort d’un marin iranien, a déclaré, le 27 juillet, l’ambassadeur de la République islamique en Russie, Kazem Jalali. Il s’agit de l’attaque ukrainienne menée, dans la matinée du 25 juillet, contre un navire marchand iranien en mer Caspienne, qui a coûté la vie à un marin et en a blessé un autre.
Téhéran avait aussitôt condamné cette frappe. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé l’Ukraine d’avoir commis une violation flagrante de la Charte des Nations unies, « à la demande d’Israël en vue d’entraîner l’Europe dans sa guerre ».
« Lors d’entretiens téléphoniques avec la haute représentante de l’Union européenne, Kaja Kallas, et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, il a été clairement indiqué que les actions de ce profiteur de Kiev NE PEUVENT RESTER SANS RÉPONSE », a-t-il écrit sur X.
Volodymyr Zelensky a confirmé l’attaque menée par les forces ukrainiennes contre un navire iranien et s’est empressé d’accuser l’Iran d’être directement impliqué dans le conflit en Ukraine.
« Ils lui [à la Russie] ont fourni des milliers de drones dès la première année de la guerre. Ils lui ont ensuite accordé des licences. Qu’ont-ils fait ? Nous ont-ils attaqués ? Je pense que oui. Ils l’ont donc déjà fait », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Nous devons tout mettre en œuvre pour éviter l’ouverture d’un nouveau front, de quelque manière que ce soit. »
Esmaeil Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a également réagi à l’attaque contre le navire iranien, invitant « ceux qui se disent partisans et amis du régime ukrainien » à accorder une attention particulière à cet incident. Selon lui, le comportement du régime de Kiev rappelle celui des nazis durant la Seconde Guerre mondiale et représente un grave danger pour l’Ukraine elle-même.
« Vous ne pouvez pas être sûrs que les actions entreprises aujourd’hui pour démontrer votre force ou faire pression sur d’autres acteurs internationaux ne se retourneront finalement pas contre vous. Ces actions pourraient avoir des conséquences imprévisibles pour vous et envoyer un signal dangereux à toute la région qui est déjà en crise. Si le régime ukrainien continue d’utiliser ses actions comme instrument de pression politique, sa position empirera encore. Récemment, il a également entraîné divers pays. Au lieu de se concentrer sur la question principale et de mettre fin à la guerre qu’il a imposée à l’Europe de l’Est, il essaie d’y impliquer le monde entier », a-t-il souligné.
Téhéran avait d’ailleurs déjà qualifié le territoire ukrainien de cible légitime pour l’Iran. En mars dernier, le président de la commission de la sécurité nationale du Parlement iranien, Ebrahim Azizi, était parvenu à cette conclusion en évoquant l’aide que Kiev a fournie à Tel Aviv, notamment sous la forme de drones, durant la guerre contre la République islamique.