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Venezuela : plus de 13 milliards de dollars de revenus pétroliers sous contrôle américain

Les exportations pétrolières du Venezuela auraient généré plus de 13 milliards de dollars depuis janvier 2026 sous gestion américaine. La destination exacte de ces fonds reste largement inconnue, alimentant les critiques sur le manque de transparence. La situation économique du pays reste fragile malgré ses immenses réserves d’hydrocarbures.

Les exportations de pétrole brut du Venezuela auraient généré plus de 13 milliards de dollars depuis janvier 2026, sans qu’un état détaillé de l’utilisation de ces revenus soit rendu public. Selon des données compilées par Kpler et Argus Media, citées par le Financial Times, ces recettes proviennent principalement des ventes des bruts vénézuéliens Merey, Boscan et Hamaca.

Ces revenus s’inscrivent dans un contexte exceptionnel marqué par l’intervention américaine au Venezuela au début de l’année 2026. Après plusieurs mois de tensions et un déploiement militaire américain dans la région, Washington a pris le contrôle des mécanismes d’exportation pétrolière du pays après l'enlèvement du président Nicolás Maduro et son transfert aux États-Unis pour y être jugé. L’administration américaine avait initialement présenté son rôle comme temporaire, en se définissant comme un simple « gardien » des revenus pétroliers vénézuéliens.

Depuis, Donald Trump a adopté un discours différent, affirmant que les États-Unis « gagnaient beaucoup d’argent » grâce à cette gestion et que les revenus générés dépassaient largement les coûts de l’opération militaire. Le Département d’État assure de son côté que plusieurs milliards de dollars auraient été réinjectés dans l’économie vénézuélienne sous supervision d’un audit confié au cabinet KPMG.

Très peu de transparence

Cependant, plusieurs élus américains réclament davantage de transparence. Des comités de surveillance du Congrès affirment ne pas avoir reçu de documents détaillant ces flux financiers depuis avril. Le représentant démocrate Joaquin Castro dénonce une gestion « sans transparence ni garanties », estimant que les ressources pétrolières constituent un élément central des motivations américaines.

À Caracas, un site officiel destiné à suivre les revenus pétroliers administrés par Washington ne mentionne pour l’instant qu’un seul transfert, d’un montant de 300 millions de dollars effectué en mars. L’économiste Francisco Rodríguez estime que la reprise des recettes pétrolières n’a pas encore entraîné d’amélioration économique significative, les fonds reversés au Venezuela restant insuffisants au regard des besoins du pays.

La question des revenus pétroliers devient d’autant plus sensible après les séismes du 24 juin, dont les dégâts sont estimés à 37 milliards de dollars par l’ONU. Malgré ses réserves de pétrole parmi les plus importantes au monde, évaluées à plus de 300 milliards de barils, le Venezuela souffre depuis plusieurs années d’un manque d’investissements et d’une baisse de production.

À ce jour, aucune date n’a été annoncée par Washington pour publier une répartition complète des revenus pétroliers collectés depuis janvier.