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New York Times : les sanctions des États-Unis contre la Russie pourraient coûter au dollar sa domination

L'administration Trump craint qu'un recours excessif aux sanctions contre la Russie n'incite davantage de pays à abandonner le dollar dans le commerce international, selon le New York Times. La Maison Blanche allège donc en partie sa pression afin d'éviter d'affaiblir l'influence de la monnaie américaine.

Les sanctions imposées à la Russie pourraient finir par coûter cher aux États-Unis : en cherchant à isoler Moscou, Washington risque d'accélérer le recul du dollar dans le commerce mondial, rapporte le 18 juillet le New York Times. C'est dans cette logique que l'exécutif réévalue l'ampleur de son dispositif de sanctions.

Les entreprises et les particuliers visés par Washington perdent une partie de leur accès au système financier occidental, largement organisé autour du dollar. Mais plus ces restrictions sont étendues, plus les États concernés ont intérêt à chercher d'autres circuits de paiement et à utiliser d'autres monnaies.

Le yuan chinois apparaît notamment comme l'une des solutions retenues par les pays les plus exposés aux sanctions américaines. La Russie, la Biélorussie et le Myanmar l'utilisent déjà davantage dans leurs règlements. Pour Washington, le danger est donc de voir ses propres mesures accélérer la construction d'un système commercial moins dépendant de la monnaie américaine.

Une proposition de loi aux conséquences potentiellement lourdes

Cette crainte entre directement en conflit avec le projet de loi initié par le sénateur Lindsey Graham. Le texte prévoit de nouvelles sanctions obligatoires contre la Russie et autorise l'imposition de droits de douane aux pays qui achètent de l'énergie russe. Son adoption risquerait ainsi d'étendre précisément les mesures dont la Maison Blanche redoute les effets sur le dollar.

L'administration Trump se montre cependant réticente à appliquer des restrictions aussi larges. Elle veut pouvoir choisir leur ampleur, leur durée et leurs objectifs, au lieu de déclencher automatiquement de nouvelles mesures contre Moscou et ses partenaires. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, estime que les sanctions doivent être agressives, ciblées et limitées dans le temps. Selon lui, lorsqu'elles restent en vigueur pendant des années sans modifier le comportement des personnes ou des États concernés, elles peuvent provoquer des conséquences difficiles à maîtriser.

Le dollar représente encore environ 57 % des réserves mondiales de change, selon les données du Fonds monétaire international citées par le New York Times. Une diminution progressive de son utilisation réduirait la portée des futures sanctions américaines.

Parallèlement, le projet de Lindsey Graham se heurte à des oppositions au sein même du Congrès. Les démocrates Brad Schneider et Don Beyer craignent qu'il ne détériore les relations des États-Unis avec certains partenaires commerciaux. Ils dénoncent également le pouvoir supplémentaire qu'il accorderait à Donald Trump pour imposer des droits de douane et ont appelé leurs collègues à bloquer le texte.

De son côté, la Russie juge les sanctions occidentales illégales. Le Kremlin a affirmé à plusieurs reprises que l'économie russe continuait de fonctionner malgré le grand nombre de sanctions imposées par les pays occidentaux et qu'elle a développé une « certaine immunité » à leur égard.