Depuis quelques mois, Israël fait face à une vague de critiques aux États-Unis. Ainsi, le Wall Street Journal, se référant à un sondage du centre de recherche Pew Research réalisé en mars dernier, a indiqué qu’environ 60 % de la population adulte américaine avait désormais une opinion négative d’Israël, en raison de ses actions lors des guerres contre Gaza et l’Iran.
Dans le but de redorer leur blason, les autorités israéliennes et leurs alliés déploient des efforts considérables, dépensant des sommes importantes et recourant à des méthodes d’influence pour le moins inhabituelles. Toujours selon le Wall Street Journal, cette vaste campagne visant à améliorer l’image d’Israël comprend notamment des textes générés par l’IA, du contenu destiné à influencer les algorithmes des moteurs de recherche, ainsi que des collaborations avec des blogueurs.
Les auteurs de l’article ont noté que, ces derniers temps, certains utilisateurs des réseaux sociaux reçoivent des messages provenant de femmes fictives : Sarah et Emma. Ces bots insistants se présentent comme des membres d’un groupe appelé Friends for Peace et posent ensuite des questions pour savoir si leurs interlocuteurs pensent que les négociations de paix entre les États-Unis, Israël et l’Iran auront une incidence sur la sécurité mondiale.
Selon les sources du journal américain, ces messages, générés par l’intelligence artificielle, s’inscrivent dans le cadre d’un contrat de plus de 45 millions de dollars que le gouvernement israélien a récemment signé avec Brad Parscale, conseiller politique américain, concepteur de sites et allié de longue date du président américain Donald Trump.
La Maison Blanche reconnaît les efforts d'Israël pour influencer l'opinion publique aux États-Unis
Politico a également fait état des tentatives de Tel Aviv et de ses alliés pour restituer leur réputation aux États-Unis. Le journal a souligné que cette semaine, la vague d’indignation à l’égard d’Israël avait atteint son paroxysme : plus de 100 démocrates de la Chambre des représentants (la chambre basse du Congrès américain) ont voté en faveur d’une initiative visant à mettre fin à l’aide accordée à Israël.
Des sources de Politico indiquent que des organisations et des responsables pro-israéliens s'efforcent de redorer le blason du pays en collaborant avec les législateurs et en finançant de manière ciblée des campagnes électorales. Par ailleurs, ils étudient la possibilité d'une visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou aux États-Unis fin juillet.
Washington ne nie toutefois pas les tentatives de Tel Aviv visant à influencer l’opinion publique américaine. Le vice-président américain J.D. Vance a déclaré, dans le podcast de l’humoriste américain Joe Rogan, qu’il y avait au sein du gouvernement israélien des personnes qui manipulent l’opinion publique aux États-Unis et tentent de la faire évoluer de manière à ce que la guerre se poursuive. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a réagi à ces propos en indiquant que Donald Trump partageait cette analyse sur la question.
Les relations entre le locataire de la Maison Blanche et le Premier ministre israélien se sont tendues. Le 17 juillet, Axios rapportait que les critiques formulées par Benjamin Netanyahou à l'encontre d'une éventuelle vente de chasseurs américains F-35 à la Turquie ont suscité le mécontentement du président américain. En juin, le Wall Street Journal, citant des sources, a indiqué que les relations entre Donald Trump et Benjamin Netanyahou s'étaient détériorées en raison des tentatives du républicain de mettre fin à la guerre avec l'Iran et des efforts d'Israël pour prolonger le conflit.
Donald Trump a également déclaré publiquement qu’il était mécontent des actions d’Israël au Liban. Le dirigeant américain a souligné que, selon lui, sans le soutien des États-Unis, Israël ne pourrait pas exister. De plus, début juin, le locataire de la Maison Blanche a affirmé avoir réprimandé le Premier ministre israélien lors d’un entretien téléphonique.