Les affrontements entre les États-Unis et l’Iran se sont poursuivis toute la journée et la soirée du 13 juillet, pour la troisième journée consécutive, marquant l’une des plus fortes escalades depuis le cessez-le-feu annoncé le 7 avril. Les deux pays ont multiplié les opérations militaires, tandis que les tensions gagnent progressivement les pays voisins du Golfe.
L’armée américaine a revendiqué une nouvelle série de raids contre plusieurs sites en Iran après une opération de cinq heures contre des infrastructures militaires dans le sud du pays, notamment autour des zones portuaires de Bandar Abbas et d’autres installations situées sur le littoral iranien.
De son côté, l’Iran a annoncé de nouvelles frappes contre des installations liées aux forces américaines à Bahreïn et en Jordanie. Les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir visé plusieurs sites, tandis que la Jordanie a annoncé avoir intercepté quatre missiles iraniens entrés dans son espace aérien, sans faire de victime ni causer de dégâts.
Ormuz, épicentre de la confrontation
La crise s’est également étendue au trafic maritime. Les Émirats arabes unis ont accusé l’Iran d’avoir frappé deux de leurs pétroliers dans le détroit d’Ormuz avec des missiles de croisière. Un membre d’équipage indien a été tué et plusieurs autres personnes ont été blessées après des incendies à bord des navires. Cette nouvelle attaque a ravivé les inquiétudes sur la sécurité d’une voie stratégique par laquelle transite une grande partie du commerce mondial d’hydrocarbures.
Face à cette instabilité, les marchés pétroliers ont réagi. Le prix du Brent a dépassé les 85 dollars le baril, enregistrant une forte progression après plusieurs jours de tensions autour du détroit d’Ormuz.
Donald Trump a annoncé le rétablissement d’un blocus naval contre l’Iran et évoqué l’instauration d’une taxe de 20 % sur les marchandises transitant par le détroit d’Ormuz, affirmant que les États-Unis assureraient désormais la sécurité de cette zone stratégique.
Embrasement régional
L’Iran a rejeté toute intervention américaine dans la gestion du détroit et averti les pays du Golfe que toute coopération militaire avec Washington serait considérée comme un « acte de guerre ».
Les tensions se sont également propagées au Yémen : les Houthis, alliés de Téhéran, ont annoncé avoir visé un aéroport saoudien en représailles à une attaque contre l’aéroport de Sanaa. L’ensemble de ces événements fait craindre un élargissement régional du conflit.
Parallèlement, le Parlement iranien a entamé l’examen d’un projet de loi concernant le détroit d’Ormuz, a déclaré le 14 juillet le chef de la Commission parlementaire de la sécurité nationale. « Hier soir, au moment même où des drones américains ont été abattus, le projet de loi intitulé “Action stratégique pour la sécurité et le développement durable du détroit d’Ormuz et du golfe Persique” a été officiellement présenté au Parlement iranien », a écrit en anglais sur X Ebrahim Azizi, sans préciser le contenu du texte ni la date à laquelle il serait examiné.