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Base américaine frappée au Koweït : des survivants accusent les généraux américains de les avoir trahis

Des militaires américains ayant survécu à une frappe iranienne remettent ouvertement en cause les décisions de leur hiérarchie. Ils estiment que plusieurs avertissements n’ont pas été pris au sérieux et que des choix contestés, avant comme après l’attaque, ont coûté la vie à plusieurs soldats.

Des militaires américains ayant survécu à la frappe iranienne contre une installation des États-Unis dans le port de Shuaiba, au Koweït, accusent leur commandement de les avoir trahis et d’avoir ignoré plusieurs avertissements concernant une éventuelle frappe. C’est ce que rapporte, le 12 juillet, le Washington Post, qui cite des soldats ainsi que des sources proches de l’enquête interne.

Selon le quotidien américain, la frappe a eu lieu le 1er mars, au deuxième jour de la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Six militaires appartenant au 103e commandement de soutien de l’armée américaine ont été tués et plusieurs dizaines d'autres ont été blessés. Le Washington Post présente cette opération iranienne comme l’une des plus meurtrières subies par les forces américaines depuis le début du conflit.

Les militaires interrogés affirment que les services de renseignement considéraient déjà le port de Shuaiba comme une cible probable de l’Iran. D’après eux, il avait été déconseillé d’y installer des effectifs en raison de l’insuffisance des dispositifs de protection contre les drones, mais ces avertissements n’auraient pas été pris en compte.

Plusieurs témoins critiquent également le comportement du général de brigade Clint Barnes au moment de la frappe. D’après eux, il aurait quitté le bâtiment pour rejoindre un abri, alors que de nombreux militaires se trouvaient encore à l’intérieur. Ils affirment que les blessés ont ensuite été secourus par d’autres officiers et soldats.

Le major Stephen Ramsbottom, présent dans le bâtiment visé, a déclaré que, si les erreurs commises n’étaient ni reconnues ni analysées, une autre unité risquerait un jour de se retrouver dans la même situation.

L’armée américaine a refusé de répondre aux accusations formulées par les militaires. Elle a toutefois assuré que les décisions prises par le commandement étaient « justifiées ».

Toujours selon le Washington Post, l’enquête interne touche à sa fin. D’après les informations obtenues par le journal, ses conclusions préliminaires ne prévoient aucune sanction disciplinaire et n’attribuent aucune responsabilité personnelle aux commandants concernant le déploiement de l’unité dans le port de Shuaiba ou l’organisation des secours après la frappe.

Selon des informations précédemment rapportées par CNN, la frappe a visé, dans la matinée du 1er mars, une structure modulaire composée de trois sections et utilisée comme centre d’opérations tactiques à Shuaiba. Les militaires auraient été surpris par l'opération iranienne et n’auraient pas eu le temps d’évacuer les lieux ni de rejoindre un abri.

Plusieurs heures après la frappe, un incendie se poursuivait encore à l’intérieur du bâtiment, tandis que l’onde de choc avait détruit des murs et arraché certains éléments de la structure. Le lendemain, le Commandement central des États-Unis avait annoncé que les premières frappes de riposte iraniennes avaient coûté la vie à six militaires américains.

L'agression militaire menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran a débuté le 28 février 2026.