La Syrie tente de reconstruire son économie, l’un des principaux obstacles à cette relance restant l’héritage des sanctions internationales qui ont longtemps isolé le pays du système financier mondial.
La décision annoncée le 8 juillet par Donald Trump de retirer la Syrie de la liste américaine des « États soutenant le terrorisme » a été accueillie avec soulagement par de nombreux Syriens. Cette désignation, instaurée en 1979 sous Hafez el-Assad, a fortement limité les échanges économiques, les investissements étrangers et les relations bancaires internationales.
Pour les autorités syriennes de transition dirigées par Ahmed al-Chareh, la levée des sanctions constitue une étape essentielle pour relancer l’économie. Depuis la chute de Bachar el-Assad en décembre 2024, le nouveau pouvoir cherche à obtenir une réintégration progressive de la Syrie sur la scène internationale, notamment en rompant avec son passé d’isolement diplomatique.
Faire preuve de patience
Le retrait de certaines sanctions a déjà commencé avec les décisions prises par l’Union européenne et les États-Unis, mais la fin de la désignation américaine comme État soutenant le terrorisme représente un changement majeur pour les entreprises et les banques internationales. Cette mesure constitue le dernier obstacle à un engagement économique et politique international plus large avec la Syrie.
La Syrie doit encore faire face à d’importants défis : faiblesse des institutions, corruption, difficultés administratives, infrastructures détruites et risques sécuritaires persistants liés notamment aux groupes armés.
À Damas, les réactions restent partagées. Certains entrepreneurs espèrent une amélioration progressive de leurs activités et un retour des investissements étrangers. D’autres, confrontés à la hausse des prix, aux pénuries et au manque d’opportunités, estiment que les changements ne pourront pas être immédiats.
Pour beaucoup de Syriens, la levée des sanctions représente davantage une ouverture qu’une solution définitive. Après des années de crise, la reconstruction économique et sociale apparaît comme un processus long, nécessitant du temps et de la stabilité.