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L’Iran accélère ses exportations pétrolières face au risque d’un nouveau blocus

L’Iran a expédié en urgence environ 11 millions de barils de pétrole alors que la reprise des attaques américaines menace la navigation dans le détroit d’Ormuz. Cette escalade met en péril le protocole d’accord conclu en juin et ravive les tensions sur les marchés énergétiques.

L’Iran a fait appareiller en urgence cinq superpétroliers et un navire de type Suezmax transportant au total près de 11 millions de barils de pétrole brut, selon les données de suivi maritime relayées par Bloomberg le 9 juillet. Cette opération intervient alors que la reprise des attaques américaines fait craindre un nouveau blocage des ports iraniens et une dégradation rapide de la situation dans le détroit d’Ormuz.

D’après les données de navigation, quatre pétroliers avaient déjà atteint le golfe d’Oman, tandis qu’un cinquième franchissait le détroit d’Ormuz. Ces expéditions sont intervenues au lendemain d’une nouvelle vague de frappes américaines contre des infrastructures iraniennes, qui auraient notamment touché des ponts et des voies ferroviaires. Selon le ministère iranien de la Santé, ces attaques ont fait 14 morts et 78 blessés.

Cette escalade met en péril le protocole d’accord conclu en juin sous la médiation du Pakistan et du Qatar, qui avait permis la reprise progressive de la navigation dans le détroit d’Ormuz après plusieurs semaines de perturbations. La remise en cause de cet accord alimente de nouvelles inquiétudes sur la sécurité des routes maritimes empruntées par une part essentielle du commerce mondial des hydrocarbures.

Hausse des cours du pétrole

Les tensions ont déjà provoqué une forte réaction des marchés. Le prix du pétrole a progressé d’environ 9 % depuis le début de la semaine, pour atteindre près de 79 dollars le baril. Les 11 millions de barils expédiés par Téhéran représentent près d’une semaine de ses exportations d’avant-guerre, même si les nouvelles sanctions américaines compliquent désormais leur commercialisation.

Washington a en effet annulé la dérogation qui autorisait temporairement les ventes de pétrole iranien, après les attaques attribuées à l’Iran contre plusieurs navires dans le détroit d’Ormuz. En réaction, les Gardiens de la Révolution ont accusé les États-Unis d’entraver la réouverture du passage maritime et ont averti qu’une nouvelle intervention américaine entraînerait une « riposte écrasante ».

Le détroit d’Ormuz est devenu le principal point de confrontation entre Washington et Téhéran, reléguant au second plan le dossier nucléaire. Le protocole signé en juin prévoyait une libre circulation sans péage pendant 60 jours, ainsi que l’ouverture de négociations sur un accord définitif, laissant entrevoir un rôle accru de l’Iran dans la gestion de cette voie stratégique.

La reprise des hostilités laisse désormais planer le risque d’une nouvelle crise énergétique mondiale, alors que l’avenir du détroit d’Ormuz apparaît plus incertain que jamais.