Israël n’a toujours pas renouvelé l’accord permettant de fournir des volumes supplémentaires d’eau à la Jordanie, suscitant l’inquiétude d’Amman qui considère ce retard comme une entorse à l’esprit du traité de paix signé en 1994. Selon les médias israéliens Kan 11 et Ynet, cette décision accroît la pression sur le royaume hachémite, dont une partie de l’approvisionnement dépend des livraisons israéliennes.
Un responsable jordanien a rappelé que l’eau constituait un élément central des accords bilatéraux et a laissé entendre que son pays pourrait réagir si la situation perdurait. Les autorités jordaniennes redoutent qu’Israël n’utilise désormais cette ressource comme moyen de pression afin d’obtenir des concessions politiques dans un contexte de relations particulièrement tendues depuis le début de la guerre à Gaza.
Israël affirme continuer de respecter les volumes prévus par le traité de paix, mais estime ne pas être tenu de prolonger automatiquement les quantités supplémentaires accordées ces dernières années. Des responsables israéliens ont expliqué que la priorité actuelle était de préserver les réserves après une année marquée par une sécheresse exceptionnelle, tout en soulignant que des relations bilatérales plus « chaleureuses » favoriseraient une coopération renforcée.
La médiation des Émirats
Face à cette impasse, les Émirats arabes unis tentent de jouer un rôle de médiateur. Abou Dhabi proposerait d’accueillir un sommet réunissant les ministres de l’Énergie des Émirats, d’Israël et de la Jordanie afin de relancer les discussions sur l’approvisionnement en eau et sur un projet commun d’usine de dessalement destiné à sécuriser durablement les ressources hydriques.
Depuis le traité de paix de 1994, Israël fournit à la Jordanie 50 millions de mètres cubes d’eau par an. En 2021, ce volume avait été porté à 100 millions de mètres cubes pour trois ans. Depuis 2024, le gouvernement de Benjamin Netanyahou refuse toutefois de prolonger cet accord sur plusieurs années, conformément à la demande jordanienne.
Cette crise intervient alors que les relations bilatérales se sont fortement détériorées. La Jordanie a rappelé son ambassadeur en Israël dès 2023 et le roi Abdallah II a récemment officialisé la fin de sa mission sans lui désigner de successeur. Malgré cette dégradation, Amman est restée un partenaire sécuritaire important, participant notamment à l’interception de missiles et de drones iraniens visant Israël.