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Le Hamas se retire du pouvoir civil sans renoncer aux armes

Le Hamas dissout ses instances dirigeantes et accepte de céder la gestion civile de Gaza au NCAG. Le mouvement conserve toutefois son appareil sécuritaire et refuse toujours un désarmement direct. Les divergences entre Israël et le Hamas sur la question des armes continuent de bloquer toute avancée politique durable.

Le Hamas a annoncé ce 6 juillet la dissolution de ses instances dirigeantes dans la bande de Gaza, une décision qui pourrait marquer la fin de près de vingt ans d'administration directe de l'enclave palestinienne. Le mouvement affirme vouloir faciliter le transfert de la gestion civile au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), une structure technocratique créée dans le cadre du Conseil de la paix mis en place par Donald Trump après le cessez-le-feu conclu en octobre 2025 entre le Hamas et Israël.

Ce geste vise à débloquer le processus de reconstruction de Gaza, alors que plus de 73 000 Palestiniens ont été tués depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé de Gaza. En renonçant à administrer le territoire, le Hamas entend démontrer qu'il ne constitue plus un obstacle à la reconstruction et priver Israël de l'argument selon lequel sa présence empêcherait toute avancée politique ou humanitaire. Le mouvement espère également faciliter l'installation du NCAG, toujours bloqué au Caire en raison du refus israélien de lui permettre d'entrer dans l'enclave.

Refus catégorique d'Israël

Toutefois, cette concession reste largement symbolique. Le Hamas abandonne la gestion administrative, mais conserve son contrôle sécuritaire et refuse toujours de se désarmer. Son objectif est également de préserver son influence dans les futures institutions palestiniennes en obtenant l'intégration de ses fonctionnaires et de ses forces de police dans le futur appareil administratif et sécuritaire. Il cherche ainsi à rester un acteur incontournable de l'après-guerre tout en évitant toute image de capitulation.

La question des armes demeure le principal point de blocage. Le Conseil de la paix défend le principe d'« une seule autorité, une seule loi et une seule arme », exigeant que l'ensemble de l'arsenal soit placé sous le contrôle du NCAG. De son côté, le Hamas accepte seulement l'idée de « déposer » ses armes dans le cadre d'un consensus palestinien, sans les remettre directement à Israël ou à une force internationale. Cette nuance sémantique vise à préserver sa légitimité politique et militaire.

Malgré cette évolution, les perspectives restent limitées. Israël continue de conditionner toute avancée au désarmement complet du Hamas, maintient ses restrictions sur l'aide humanitaire et refuse pour l'heure tout retrait militaire significatif. Dépendant de sa coalition d'extrême droite à l'approche des élections législatives d'octobre, Benjamin Netanyahou apparaît peu enclin à faire des concessions susceptibles de relancer un véritable processus politique.