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Sommet de l’OTAN à Ankara : Zelensky privé de discours pour ne pas irriter Trump, selon The Telegraph

Le sommet d’Ankara s’annonce moins favorable à Kiev que les précédents. Entre les réserves de plusieurs alliés sur le financement de l’Ukraine, la volonté de ne pas froisser Donald Trump et le retour de la piste pour des négociations avec Moscou, Volodymyr Zelensky apparaît dans une position fragile, loin de la centralité des précédents sommets.

Volodymyr Zelensky devrait occuper une place plus discrète au sommet de l’OTAN, prévu les 7 et 8 juillet à Ankara. Selon un article du quotidien britannique The Telegraph publié le 5 juillet, les dirigeants de l’Alliance ont choisi de reléguer la question ukrainienne au second plan pour éviter une réaction négative du président américain Donald Trump.

D’après le journal, Zelensky ne devrait pas participer au programme principal du sommet. Il ne prononcerait pas non plus de grand discours devant les dirigeants de l’OTAN, contrairement aux années précédentes. L’Alliance aurait donc décidé de tenir le dirigeant ukrainien et le dossier de Kiev à l’écart, par crainte de mécontenter Trump.

Des alliés moins prêts à payer

Cette mise en retrait tombe à un moment sensible pour Kiev, qui cherche avant tout de nouveaux financements. The Daily Telegraph souligne que Kiev manque d’argent, à la fois pour financer ses besoins militaires et pour soutenir son économie affaiblie. Le journal constate que plusieurs pays autrefois parmi les plus proches soutiens de Kiev se montrent désormais prudents.

La Pologne illustre ce changement de ton. Le premier ministre polonais Donald Tusk a demandé à ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères de rester prudents sur toute nouvelle aide financière à l’Ukraine. Il leur a demandé de se concentrer sur les dépenses militaires de Varsovie.

En Europe centrale, la Slovaquie, la République tchèque et la Hongrie se montrent également sceptiques sur la poursuite du financement militaire de Kiev. Le Premier ministre slovaque Robert Fico a déclaré que la Slovaquie ne paierait pas les dépenses militaires de l’Ukraine. Son homologue tchèque Andrej Babiš a, de son côté, refusé de soutenir un prêt européen de 90 milliards d’euros à Kiev.

Même les annonces financières de l’OTAN apparaissent moins solides qu’elles ne le semblent. Sur le papier, les pays membres pourraient promettre 70 milliards d’euros d’aide militaire à l’Ukraine pour 2026. Mais selon The Daily Telegraph, cette somme correspond surtout à des financements déjà existants présentés sous une nouvelle forme, et non à de nouveaux engagements. Pour Kiev, cela confirme la difficulté croissante à obtenir un soutien occidental stable.

La Turquie remet les négociations à l’agenda

Alors que le soutien militaire occidental montre ses limites, Ankara souhaite mettre la piste diplomatique au centre des discussions. Selon le journal turc Milliyet, Recep Tayyip Erdogan et Donald Trump doivent aborder à Ankara une possible reprise des négociations entre la Russie et l’Ukraine. Le journal indique que ce sujet fera partie des questions de sécurité discutées par les deux présidents.

Selon une source turque mentionnée, Erdogan devrait aussi appeler à une reprise rapide du processus de négociation sur l’Ukraine lors du sommet de l’Alliance. Moscou, de son côté, a déjà affirmé par la voix de Dmitri Peskov rester ouverte à une solution diplomatique et privilégier cette voie.

Le sommet d’Ankara montre ainsi un changement de climat autour de Kiev. Zelensky n’occupe plus la même place dans l’agenda de l’OTAN, plusieurs alliés européens hésitent à financer davantage l’effort militaire ukrainien, et l’option de négociations avec la Russie revient dans le débat diplomatique.