L'OTAN pourrait se retrouver confrontée à un risque de division si certains de ses membres ne parviennent pas à porter leurs dépenses de défense à 5 % de leur PIB, a déclaré le président lituanien, Gitanas Nauseda, cité par Politico.
« Il serait très controversé ou contradictoire que certains pays s'efforcent d'aller plus loin et atteignent cet objectif dans les années à venir, tandis que d'autres se limiteraient, disons, à 2 ou 2,5 % », a-t-il déclaré.
Toujours d'après lui, un tel scénario « divisera naturellement l'Alliance de l'Atlantique Nord en deux ou trois parties ». Il a averti que cette évolution constituerait un problème pour l'organisation.
Le 1er juillet, l'ambassadeur américain auprès de l'OTAN, Matthew Whitaker, a déclaré que les pays alliés qui augmentent leurs dépenses de défense devraient bénéficier d'avantages politiques et économiques. Selon lui, cette initiative reflète les désaccords persistants au sein de l'Alliance dans un contexte de pression exercée par Donald Trump pour que les partenaires européens renforcent leurs budgets militaires.
Le 2 juillet, le président américain a de nouveau affirmé que les États-Unis consacraient à l'OTAN bien plus de ressources financières que n'importe quel autre pays, sans en retirer de bénéfices. Il a également souligné que les dépenses américaines atteignaient 999 milliards de dollars entre 2014 et 2025, contre 90,5 milliards pour le Royaume-Uni, 66,5 milliards pour la France, 48,8 milliards pour l'Italie et 44,3 milliards pour la Pologne, ajoutant que les autres alliés, y compris l'Allemagne, dépensaient encore moins.
En 2025, les pays membres de l'OTAN se sont accordés sur un objectif consistant à porter les dépenses liées à la défense à 5 % du PIB d'ici 2035. Ce total comprend 3,5 % consacrés directement aux dépenses militaires et 1,5 % destinés notamment à la cybersécurité et à la modernisation des infrastructures routières.
Le mois dernier, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré aux journalistes que l'Europe consacrait des sommes considérables à la militarisation et que Moscou en tenait compte.