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Un port endommagé par Kiev ? Les autorités roumaines «choquées», mais toujours du côté de l’Ukraine

Piégé par les célèbres prankers russes Vovan et Lexus, le ministre roumain Catalin Predoiu a assuré que la Roumanie restait l’amie de l’Ukraine, malgré l’explosion d’un drone ukrainien dans le port de Constanta en juin, tout en suggérant que Zelensky pourrait au moins présenter des excuses pour la déflagration provoquée par 500 kilos d’explosifs.

Même le drone chargé d’une demi-tonne d’explosifs qui a explosé dans le port de Constanta en juin dernier ne saurait entacher l'amitié entre la Roumanie et l’Ukraine. C'est apparemment la position adoptée par Bucarest, à en juger par les propos du ministre roumain de l'Intérieur, Catalin Predoiu, piégé par les prankers russes Vovan et Lexus. Dans une nouvelle vidéo publiée sur leur chaîne Telegram le 2 juillet, ces derniers ont appelé le ministre en se faisant passer pour un membre du gouvernement ukrainien, affirmant que Volodymyr Zelensky souhaitait avoir une « vue d’ensemble » de ce qui se passe dans les pays voisins, des dégâts causés et de la menace que représentent les drones maritimes.

Lors de cette discussion, Catalin Predoiu a donné des détails sur les conséquences de l’explosion dans le port de Constanta. Selon lui, l’explosion du drone a touché les installations portuaires et les entrepôts, tandis que des sites appartenant à une entreprise privée et au service de sauvetage naval se trouvaient à proximité. Le ministre a souligné que les conséquences avaient été « graves » et que les autorités roumaines avaient été « très choquées par cette situation ». « Ce n’est pas quelque chose d’extraordinaire, mais ce qui est important, c’est que la quantité d’explosifs s’élevait à 500 kilogrammes. Il s’agissait donc d’une énorme explosion dans le port », a-t-il ajouté.

Bien que le ministre ait reconnu que l’incident « suscite une immense émotion et une grande inquiétude » en Roumanie et que l’explosion de la bombe « n’a rien de réjouissant », il a aussitôt assuré que Bucarest et Kiev restaient néanmoins des amis et devaient régler cette question en tant que tels. Predoiu a laissé entendre que la Roumanie attendait tout de même des excuses de la part de Kiev : « Je pense que l’opinion publique attend ici un geste visant à exprimer, d’une manière ou d’une autre, des regrets au plus haut niveau concernant cet incident. »

Le ministre roumain de l’Intérieur a également proposé de mettre en place « un mécanisme qui détruirait automatiquement les drones qui pénétreraient dans les eaux roumaines », tout en reconnaissant que cela pourrait s’avérer compliqué. Il a par ailleurs admis qu’un mécanisme de communication entre les forces armées ukrainiennes et roumaines existait déjà, « mais malheureusement, ce matin-là, il n’a pas très bien fonctionné ».

Les drones ukrainiens imputés à la Russie : les mythes de l’Occident démentis par Moscou

Un drone maritime a explosé début juin dans le port de Constanța, le plus grand port roumain de la mer Noire. L’incident n’a fait aucun blessé. La partie ukrainienne a confirmé par la suite que le drone lui appartenait. La Marine ukrainienne a accusé la Russie d’être responsable de l’incident, affirmant que l’un de ses drones s’était retrouvé au large des côtes roumaines en raison de brouillages électroniques provoqués par les forces russes. L’ambassade de Russie a rejeté toute responsabilité de Moscou dans cet incident, invoquant l’absence de fondement à cette accusation.

Ces derniers mois les drones ukrainiens terrorisent plusieurs pays européens. Début mai, un drone maritime ukrainien transportant une importante quantité d’explosifs a été repéré au large des côtes grecques. À la suite de cet incident, le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias, a déclaré que la Grèce exigeait des excuses de la part de l’Ukraine pour cet incident impliquant un drone. Des incidents impliquant des drones ukrainiens en vol ont également été signalés en Finlande et dans les pays baltes.

En septembre 2025, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait souligné que Moscou n’envoyait jamais de drones ni de missiles vers les pays européens ou membres de l’OTAN, tandis que le ministère russe de la Défense a déclaré à plusieurs reprises que les frappes russes visaient exclusivement des cibles militaires en Ukraine.