Le nouveau système numérique de contrôle aux frontières de l’Union européenne, le dispositif d’entrée/sortie (EES), provoque de fortes perturbations dans de nombreux aéroports, avec des files d’attente pouvant atteindre jusqu’à cinq heures et des embarquements retardés, parfois alors que les avions ne sont qu’à moitié remplis, a rapporté un article d'Al-Jazeera paru le 2 juillet. Les professionnels du secteur aérien tirent la sonnette d’alarme et parlent d’une situation arrivée à un « point critique ».
Dans une lettre ouverte adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, les principaux organismes représentant les aéroports et les compagnies aériennes européennes estiment que la mise en œuvre actuelle du système entraîne des « conséquences opérationnelles graves » et exerce une pression « insoutenable » sur les services frontaliers. Ils appellent à une intervention immédiate afin d’éviter une dégradation supplémentaire pendant la haute saison touristique.
Silence de la Commission
Selon ces acteurs, l’afflux attendu de dizaines de millions de passagers supplémentaires durant l’été risque d’aggraver encore la situation. Ils demandent davantage de flexibilité dans l’application du dispositif, allant jusqu’à évoquer la possibilité de suspendre temporairement le système lorsque la capacité des infrastructures est dépassée.
Le système EES, qui remplace le traditionnel tamponnage des passeports, enregistre désormais des données biométriques telles que les empreintes digitales, les photos faciales, ainsi que les informations d’entrée et de sortie des voyageurs. S’il est présenté comme une modernisation des contrôles aux frontières de l’espace Schengen, sa mise en œuvre est jugée trop rapide et mal calibrée par ses détracteurs.
Les organisations du secteur aérien avertissent également que ces dysfonctionnements pourraient nuire à la réputation touristique de l’Europe. Certaines compagnies affirment déjà que des passagers manquent leurs vols ou que des avions décollent avec des sièges vides en raison des retards aux contrôles. La Commission européenne n’a pas encore réagi officiellement à ces critiques.