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Gaza : prolifération des rats, nouveau symbole d’une catastrophe humanitaire

Les rats deviennent un symbole de l’effondrement sanitaire à Gaza. Des témoignages de déplacés recueillis par L’Orient-Le Jour décrivent morsures, infections et insalubrité extrême. Les ONG alertent sur une crise durable liée à la destruction des infrastructures vitales.

Plus de deux ans après le début de la guerre, la bande de Gaza fait face à une crise sanitaire extrême où la prolifération des rats est devenue un symptôme visible de l’effondrement des conditions de vie. Dans un territoire ravagé, où les infrastructures ont été massivement détruites, les rongeurs envahissent les camps de déplacés installés au milieu des décombres.

Les témoignages recueillis par L’Orient-Le Jour décrivent une situation alarmante. Issam Ghazal raconte devoir veiller chaque nuit avec son épouse pour protéger leur nourrisson de 24 jours, des rats qui circulent dans leur tente. « Ils sont devenus agressifs », explique-t-il, affirmant qu’ils se nourrissent des restes humains sous les gravats. D’autres déplacés évoquent des morsures pendant le sommeil et la propagation de maladies cutanées.

Des situations inhumaines 

Selon l’Organisation mondiale de la santé, des dizaines de milliers de cas de gale, d’infections et d’autres maladies parasitaires ont été recensés. La destruction des réseaux d’eau, d’assainissement et d’électricité a favorisé une explosion des nuisibles, tandis que la majorité des camps de déplacés sont désormais infestés.

Les humanitaires alertent sur une situation où la survie quotidienne se confond avec l’insalubrité. Rafif, déplacée dans le centre de Gaza, explique que ses enfants ont souffert de graves infections intestinales liées au manque d’eau potable, tandis que Sandes el-Farra décrit une lutte permanente contre les rats et les insectes dans sa tente.

Pour les organisations humanitaires, cette crise dépasse la seule question des nuisibles : elle résulte de l’effondrement global des infrastructures vitales. Sans accès durable à l’eau, aux soins et au déblaiement des gravats, la situation risque de continuer à se détériorer, transformant l’environnement lui-même en facteur de souffrance et de mortalité.