Le ministère britannique de la Justice a notifié 7 308 victimes de crimes d’une probable libération anticipée de leurs agresseurs, en vertu de la loi sur la détermination des peines proposée par le Parti travailliste. La mesure, relayée par la presse britannique le 28 juin, vise à libérer des places de prison en Angleterre et au pays de Galles, où 3 400 places seraient actuellement disponibles, selon le quotidien britannique Daily Mail. La décision concerne environ 6 000 prisonniers, dont certains condamnés pour des infractions graves, rapporte le journal The Sun.
Cette décision a suscité de vives réactions, notamment de la part des conservateurs, très virulents envers le gouvernement. « Les victimes qui ont reçu ces lettres jusqu’à présent ne représentent probablement qu’une fraction du nombre de personnes qui seront trahies par le Parti travailliste », a déclaré le ministre de la Justice du cabinet fantôme, le Dr Kieran Mullan, cité par le Daily Mail.
Libération probable d’un grand nombre de criminels dangereux
Selon la presse britannique, ce programme du gouvernement travailliste pourrait entraîner la libération de vagues importantes de détenus dangereux, dont plusieurs centaines pourraient potentiellement sortir le même jour. La police britannique redoute, pour sa part, une recrudescence de la délinquance dans les rues.
Le programme du gouvernement prévoit d’abord la libération de détenus condamnés à des peines inférieures à 18 mois, qui devraient être les premiers concernés dès le 2 septembre prochain. Les vagues de libérations seraient ensuite accélérées au fil des mois, en fonction de la durée des peines. Les détenus condamnés à des peines allant jusqu’à 12 ans pourraient commencer à être libérés dès le mois de juin prochain.
Selon les modifications apportées au système carcéral, certains délinquants pourraient être libérés après avoir purgé la moitié de leur peine, au lieu des deux tiers actuellement. D’autres prisonniers, incarcérés pour des crimes moins graves, pourraient espérer une libération après avoir purgé seulement un tiers de leur peine, en cas de bonne conduite. Les criminels condamnés pour homicide ne seraient pas inclus dans ces dispositions, dans la mesure où ils sont condamnés à la réclusion à perpétuité, avec une durée minimale d’incarcération.
Une crise carcérale héritée
Défendant la décision du ministère de la Justice, son porte-parole a souligné que le gouvernement avait « hérité » de la crise carcérale. Il a ajouté que l’exécutif avait construit 14 000 places supplémentaires dans les prisons et réformé le système de condamnation « afin de pouvoir toujours incarcérer les criminels dangereux ». Selon lui, sans cette action, les prisons risquaient une saturation susceptible d’entraîner l’effondrement du système de justice pénale britannique et d’exposer le public à des risques considérables.
Selon le porte-parole du ministère, « les délinquants que le juge considère comme les plus dangereux se voient automatiquement refuser toute libération anticipée, et les détenus qui se comportent mal derrière les barreaux risquent d’être incarcérés plus longtemps ».
Il a par ailleurs indiqué que les prisonniers libérés seraient soumis à « des règles strictes, telles que des restrictions de déplacement, le port d’un bracelet électronique, l’interdiction de participer à des événements publics, d’aller dans les pubs et les boîtes de nuit », le tout soutenu, selon lui, par « un investissement record de 700 millions de livres sterling dans la probation » et par le recrutement de 1 300 agents de probation supplémentaires.