La Russie a accueilli sept personnes rapatriées depuis l'Ukraine dans le cadre d'un nouvel échange mené avec l'appui des autorités biélorusses. Parmi elles figurent cinq habitants de la région de Koursk ainsi que deux personnes originaires d'autres régions du pays. Ces civils avaient été capturés en 2024 par l'armée ukrainienne lors de leur incursion dans la région de Koursk. En échange, sept personnes ont été transférées vers l'Ukraine.
La commissaire russe aux droits de l'homme, Iana Lantratova, a remercié les autorités biélorusses pour leur soutien et a indiqué qu'une coopération avec le médiateur ukrainien des droits de l'homme, Dmytro Loubinets, avait été engagée il y a trois semaines.
Elle a souligné que ces retours ne représentaient qu'une petite partie des histoires de personnes ayant traversé des jours terribles. Selon elle, chaque retour est une immense joie pour les familles restées dans l'angoisse et l'incertitude. Iana Lantratova a assuré que tout serait fait pour permettre aux citoyens russes de rentrer chez eux. Elle a également remercié tous ceux qui ont participé à cette difficile opération humanitaire, rappelant que rien n'était plus important que la vie humaine et la possibilité d'être de nouveau auprès de sa famille.
L'un des civils rapatriés a également livré un témoignage sur sa capture : « Mon frère et moi, nous sommes allés à Soudja [ville russe dans la région de Koursk] pour aller chercher mon beau-père. Et puis, sur VKontakte [réseau social russe], nous avions écrit que nous irions là-bas pour apporter les courses. On savait qu'il n'y avait pas d'électricité. Aux abords de Soudja, ils nous ont tiré dessus, mon frère est décédé, j'ai été gravement blessé et je suis resté là toute la journée [...] Puis ils m'ont envoyé dans un camp de prisonniers. » Il a ensuite évoqué les épreuves traversées pendant sa captivité : « On nous a tout de suite transportés à Kiev où nous avons passé six jours […] Ensuite, on nous a transportés à Vinnytsia [ville ukrainienne située dans le centre du pays], je pensais qu'ils allaient tous nous tuer […] On nous racontait toutes sortes de choses [...] et là-bas, les gardiens ont recouru à la force physique […]. »
Cinq habitants de Koursk, cinq histoires de captivité
Concernant les cinq habitants de la région de Koursk, son gouverneur, Alexandre Hinstein, a indiqué sur Telegram que leurs familles étaient restées longtemps sans nouvelles d'eux. Selon lui, la partie ukrainienne avait gardé le silence sur leur présence sur son territoire. Il a ajouté que les précédentes affirmations selon lesquelles il ne restait plus d'habitants de la région de Koursk en Ukraine s'étaient révélées être totalement mensongères. Dans le même temps, Alexandre Hinstein a souligné l'ampleur du travail encore en cours :« Je remercie tous ceux qui travaillent sans relâche pour ramener nos citoyens : le bureau russe du Commissaire aux droits de l'homme, l'administration présidentielle, le ministère russe de la Défense, le ministère russe des Affaires étrangères, le FSB, le ministère russe de l'Intérieur et la Croix-Rouge. Malheureusement, le sort de 320 personnes reste encore inconnu. »
Ces cinq habitants de la région de Koursk ont tous vécu des épreuves différentes avant leur retour. Maxime, mécanicien agricole, avait été capturé lors de l'incursion des forces ukrainiennes. Sergueï, ouvrier du bâtiment, avait été fait prisonnier dans la cour de sa propre maison. Sa famille n'a appris qu'il était vivant qu'en janvier dernier, grâce à une vidéo dans laquelle il annonçait être en captivité. Mikhaïl, lui aussi ouvrier du bâtiment, avait été capturé à Olgovka. À la fin de 2025, le Comité international de la Croix-Rouge a remis à ses proches une lettre constituant la première preuve qu'il était toujours en vie. Elena avait disparu après être sortie de son appartement à Soudja, où son fils l'a attendue pendant de longs mois. Quant à Roman, il avait été blessé à la jambe lors d'une attaque contre le véhicule dans lequel il se trouvait avec son frère, tué lors du bombardement. Après un dernier appel à ses proches, toute communication avait été interrompue.
Au total, 171 habitants des zones frontalières de la région de Koursk ont déjà été rapatriés depuis le territoire ukrainien.
La veille, le 26 juin, les deux parties avaient déjà procédé à un autre échange : 160 prisonniers de guerre avaient été remis de chaque côté.