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Washington : les négociations israélo-libanaises butent sur les «zones pilotes»

Les discussions de Washington ont achoppé sur les «zones pilotes» destinées à accompagner un retrait israélien progressif. Le Liban exige que le processus commence dans les territoires encore occupés par Israël et refuse tout arrangement perçu comme une normalisation. Malgré la pression américaine, les positions restent éloignées.

Le cinquième round de négociations directes entre le Liban et Israël à Washington a mis en évidence les obstacles qui continuent d’entraver la mise en œuvre du cessez-le-feu. Réunies le 24 juin au niveau militaire après une première journée de discussions politiques, les deux délégations se sont affrontées sur la question sensible des « zones pilotes », censées servir de laboratoire à un retrait israélien progressif et au déploiement de l’armée libanaise.

Selon plusieurs sources, la délégation libanaise a exigé que ce processus débute dans les secteurs occupés par Israël au sud du Litani. Beyrouth estime qu’un déploiement de l’armée dans des zones non occupées risquerait de provoquer des tensions internes, notamment en raison du rejet du projet par le Hezbollah, qui considère ces « zones pilotes » comme un moyen de poursuivre le démantèlement de ses infrastructures sans contrepartie israélienne.

Vers un retrait des forces israéliennes du Liban ?

Les divergences sont apparues au grand jour lorsque des représentants libanais ont quitté la salle des discussions afin d’éviter toute photographie aux côtés de leurs homologues israéliens. Une image diffusée par la suite montre d’ailleurs plusieurs sièges vides du côté libanais, illustrant la sensibilité politique de ces pourparlers.

Au-delà de la question des zones pilotes, Beyrouth a insisté sur l’application intégrale du cessez-le-feu, dénonçant la poursuite des opérations israéliennes dans le Sud. Les autorités libanaises réclament également un retrait total des forces israéliennes, une position réaffirmée par le Premier ministre Nawaf Salam, qui a exclu toute présence militaire israélienne durable sur le territoire libanais.

Malgré ces tensions, les discussions se poursuivent sous forte pression américaine. Washington espère parvenir à une déclaration d’intention définissant les prochaines étapes du processus. Les États-Unis soutiennent notamment un mécanisme progressif permettant à l’armée libanaise de prendre le contrôle de certaines zones, avec pour objectif de réduire l’influence du Hezbollah et de faciliter un retrait israélien.

Entre exigences libanaises, calculs israéliens et médiation américaine, les négociations avancent donc sur une ligne de crête, où chaque progrès reste fragile et réversible.