SpaceX a franchi une nouvelle étape dans le développement de ses activités spatiales avec le lancement de Starfall, un système encore largement méconnu du grand public mais dont les ambitions semblent considérables, rapporte NewScientist. La mission de démonstration a décollé depuis Cap Canaveral, en Floride, à bord d'une fusée Falcon 9. Comme lors de nombreuses missions précédentes, le premier étage du lanceur est revenu se poser avec succès sur une plateforme flottante dans l'océan Atlantique.
Malgré ce lancement réussi, SpaceX reste particulièrement discrète sur les détails du programme. Les informations disponibles indiquent toutefois que Starfall a été conçu pour assurer le transport et la livraison de marchandises via l'espace. L'objectif affiché consiste notamment à offrir un accès régulier à l'environnement de microgravité, un cadre particulièrement recherché pour certaines activités scientifiques et industrielles.
La capsule utilisée pour cette mission se distingue nettement des véhicules destinés au transport d'astronautes vers la Station spatiale internationale. Dédiée exclusivement au fret, elle adopte une forme compacte : un cylindre noir dépourvu de hublots, d'environ trois mètres de diamètre pour moins d'un mètre de hauteur. Sa capacité de chargement atteint une tonne.
L'engin est composé de deux sections principales. La partie supérieure accueille la cargaison, tandis que la partie inférieure sert de bouclier thermique. Cette dernière est fabriquée en fibre de carbone et intègre également un système utilisant du gaz comprimé afin d'assurer les manoeuvres nécessaires au retour sécurisé de la charge vers la Terre. Après la rentrée atmosphérique, les deux éléments sont conçus pour se séparer.
Pour l'instant, SpaceX n'a communiqué aucune information supplémentaire sur le déroulement de la mission une fois la capsule placée en orbite. La durée prévue de son séjour dans l'espace demeure inconnue, tout comme le calendrier précis de son retour. Les documents liés à l'autorisation de la mission prévoient néanmoins des opérations d'atterrissage associées au démonstrateur.
Le concept de fabrication en orbite attire déjà plusieurs entreprises. Certaines espèrent produire des composés pharmaceutiques dans l'espace avant de les rapatrier sur Terre, tandis que d'autres travaillent sur la fabrication de semi-conducteurs ou d'alliages métalliques dans des conditions de microgravité. Toutefois, les systèmes développés jusqu'à présent restent nettement plus modestes que Starfall. Les capsules actuellement utilisées par ces sociétés sont beaucoup plus petites et transportent des charges sensiblement inférieures.
Au-delà des applications industrielles et scientifiques, le projet pourrait également présenter un intérêt stratégique. Les États-Unis étudient depuis plusieurs années la possibilité d'acheminer rapidement du matériel vers des zones éloignées grâce aux technologies spatiales. Dans ce contexte, Starfall pourrait constituer une solution intermédiaire pour des cargaisons de taille réduite.