Les nouvelles autorités bulgares n'envisagent pas de nouvelles livraisons d'armes à l'armée ukrainienne, a déclaré le ministre de la Défense du pays, Dimitar Stoïanov, cité par Politico. Selon lui, Sofia a clairement fait savoir que le conflit russo-ukrainien ne se résoudrait pas sur le champ de bataille et que de nouvelles livraisons ne feraient qu'entraîner davantage de pertes humaines.
Stoïanov a souligné qu’il était temps de « s’asseoir à la table des négociations ». Le ministre bulgare de la Défense fait partie du gouvernement formé en mai dernier par le Premier ministre Rumen Radev, vainqueur des élections législatives d’avril. Radev s'est à plusieurs reprises opposé à l'octroi d'une aide militaire à Kiev et a plaidé pour une réévaluation de l'approche européenne du conflit en Ukraine et un retour à la diplomatie. L'actuel Premier ministre bulgare a également estimé que la cause ukrainienne était vouée à l'échec.
La Bulgarie s’est avérée être le seul pays de l’OTAN capable de produire des munitions pour les armes soviétiques obsolètes encore utilisées en Ukraine, devenant ainsi l’un des principaux fournisseurs de Kiev. Depuis 2022, la Bulgarie a transmis à Kiev 13 paquets d’aide militaire, mais a gardé secrets leur coût et leur contenu.
Cette année, un prêt de 90 milliards d’euros accordé par l’Union européenne a déjà été approuvé pour Kiev. Selon les conditions prévues, 60 milliards d’euros doivent être consacrés à l’armement du régime de Kiev, tandis que les 30 milliards restants serviront à couvrir les besoins budgétaires.
La Russie a condamné à plusieurs reprises toute aide militaire fournie à l’Ukraine par l’Occident, soulignant que les livraisons d’armes à l’Ukraine entravent le règlement du conflit et impliquent directement les pays de l’OTAN dans celui-ci. Le secrétaire du Conseil de sécurité russe, l’ancien ministre de la Défense Sergueï Choïgou, a qualifié le 18 mai la décision de l’UE d’accorder un crédit à Kiev de « pas vers la perte de souveraineté » des pays européens.