International

La CPI suspend son procureur en chef Karim Khan après des accusations d'agression sexuelle

La CPI a suspendu son procureur en chef Karim Khan à la suite d’accusations de conduite sexuelle. Une enquête de l’ONU et des experts évoque des éléments graves, mais le procureur conteste les faits. Cette affaire intervient alors que la CPI est déjà critiquée pour ses décisions dans plusieurs dossiers internationaux sensibles.

La Cour pénale internationale (CPI) a annoncé la suspension immédiate de son procureur en chef, Karim Khan, dans l’attente d’une décision finale des États membres, à la suite d’accusations de mauvaise conduite sexuelle. Cette mesure fait suite à un rapport du Bureau des services de contrôle interne de l’ONU et à l’avis d’un panel d’experts, qui ont examiné les éléments disponibles dans le cadre de l’enquête.

Selon la Cour, les documents liés à cette procédure resteront confidentiels. Toutefois, plusieurs sources diplomatiques citées par des médias internationaux indiquent que des conclusions internes évoqueraient une « faute grave » et recommanderaient son retrait. Karim Khan, déjà en congé volontaire depuis 2025, nie fermement toutes les accusations portées contre lui.

Les allégations remontent à des signalements selon lesquels il aurait exercé des pressions sur une collaboratrice pour entretenir une relation sexuelle. Une enquête de l’ONU aurait également relevé des éléments suggérant des contacts non consentis, bien que les juges de la CPI aient initialement estimé que le seuil de preuve requis n’était pas atteint. L'enquête aurait continué en avril 2026, les deux parties étant autorisées à soumettre des preuves supplémentaires.

Pendant le mandat de Khan, la CPI a émis des mandats d'arrêt contre les dirigeants de la Russie et d'Israël, bien que ni l'un ni l'autre de ces pays ne reconnaissent la juridiction de la Cour.

En mars 2023, la CPI a délivré des mandats contre le président russe Vladimir Poutine et la responsable des droits des enfants du pays, Maria Lvova-Belova, pour des accusations de « transfert illégal » d'enfants en provenance d'Ukraine. La Russie a rejeté ces allégations, affirmant qu'elle avait évacué des enfants d'une zone de guerre et les avait réunis avec leurs familles chaque fois que la documentation était disponible.

En novembre 2024, la Cour a émis des mandats contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour des crimes de guerre à Gaza. Netanyahou a qualifié ces mandats d’« absurdes et faux ».

L'année dernière, les États-Unis ont imposé des sanctions contre Khan en raison de son rôle dans l'autorisation d'une enquête sur la conduite des troupes américaines en Afghanistan et dans l'émission de ce que Washington a décrit comme des mandats d'arrêt « sans fondement » à l'encontre d'officiels israéliens.