Longtemps décrite en Occident comme un pays isolé et asphyxié par les sanctions internationales, la Corée du Nord affiche aujourd'hui des signes de développement qui déconcertent les observateurs occidentaux. Comme dans le cas de la Russie, la réalité semble contredire les prévisions les plus catégoriques sur l'effet des sanctions. Selon des personnes ayant pu se rendre dans le pays, citées par le Wall Street Journal, l'élite dirigeante nord-coréenne n'aurait jamais été aussi prospère, mais les transformations observées semblent dépasser le seul cercle du pouvoir et se reflètent également dans plusieurs secteurs de l'économie et de la vie quotidienne.
D'après le quotidien américain, cette évolution s'explique notamment par les ventes d'armes du pays, mais aussi par les échanges commerciaux et les soutiens financiers en provenance de Chine. Cette situation permettrait à Pyongyang d'accéder à davantage d'énergie, de composants industriels et de matières premières, tout en contournant certaines restrictions internationales.
Des changements visibles dans la vie quotidienne
Les transformations ne se limitent pas aux indicateurs économiques. À Pyongyang, plusieurs services se sont modernisés au cours des dernières années. Les taxis peuvent désormais être commandés et suivis via une application mobile, réduisant considérablement les temps d'attente.
L'offre commerciale s'est également diversifiée. Certains restaurants proposent désormais des pizzas cuites au feu de bois ainsi que des ailes de poulet, tandis que les paiements par QR code se généralisent. Dans les rues de la capitale circulent également de nombreux véhicules chinois électriques ainsi que diverses voitures étrangères.
De nouveaux commerces ont fait leur apparition, notamment des animaleries, des cafés Internet fréquentés par les amateurs de jeux vidéo et des concessions automobiles commercialisant des véhicules BMW.
Une activité immobilière et industrielle soutenue
Le développement urbain constitue un autre signe de cette dynamique. Selon les informations rapportées, 10 000 nouveaux logements ont été construits à Pyongyang au cours de la seule année écoulée.
Parallèlement, plusieurs projets de grande ampleur longtemps restés inachevés ont finalement été menés à terme. Parmi eux figurent un nouvel hôpital devenu le plus grand de la capitale, un vaste complexe de serres et un nouveau complexe touristique.
Les autorités ont également lancé une initiative baptisée « 20×10 », qui prévoit la construction de nouvelles usines dans vingt villes et districts chaque année pendant les dix prochaines années. L'objectif affiché est de renforcer les capacités industrielles du pays et de stimuler le développement régional.
La réduction de la place du marché noir
En parallèle, l'État poursuit l'expansion de son réseau de magasins et de pharmacies publics. Pyongyang chercherait ainsi à reprendre le contrôle d'une partie des échanges jusque-là dominés par le marché noir.
Selon le chercheur Lee Sang Yong, cité dans l'article, les nouvelles usines implantées dans les zones rurales offrent également des débouchés professionnels à des personnes qui vivaient auparavant d'activités liées à la contrebande.
Plus d'énergie et davantage d'activité
Les analystes sud-coréens évoqués par le Wall Street Journal observent également une augmentation des capacités de stockage pétrolier du pays ainsi qu'une hausse du nombre de navires transportant des produits énergétiques vers les ports nord-coréens.
Autre indicateur mis en avant : l'intensité de l'éclairage nocturne du pays. La Corée du Nord serait aujourd'hui éclairée environ trois fois plus fortement durant la nuit qu'il y a cinq ans, signe d'une activité économique et énergétique en progression.