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Beaufort sous les bombes israéliennes : le patrimoine médiéval du Sud-Liban en sursis

Le château de Beaufort, site médiéval protégé par l’Unesco, a été touché par des frappes israéliennes dans le sud du Liban. Aucun bilan précis des dégâts n’est encore disponible, l’accès au site restant impossible en raison du conflit. Ce nouvel épisode ravive les inquiétudes sur la préservation du patrimoine historique libanais en zone de guerre.

Les abords du château de Beaufort, forteresse médiévale connue localement sous le nom de Qalaat al-Chaqif, ont été touchés par de lourdes frappes israéliennes. Une vidéo diffusée par le collectif Green Southerners et relayée par le ministre de la Culture Ghassan Salamé sur le réseau X montre un vaste panache de fumée s’élevant au-dessus du site, sans qu’un bilan précis des dégâts ne puisse être établi pour l’instant.

Le site, inscrit sur la liste des biens culturels bénéficiant d’une protection renforcée par l’Unesco, reste difficile d’accès en raison des opérations militaires en cours. La Direction générale des Antiquités (DGA) ne peut actuellement s’y rendre, la dangerosité des routes empêchant toute inspection sur le terrain, selon l’architecte et conseiller du ministre de la Culture Jad Tabet. L’Unesco suivrait toutefois l’évolution de la situation à distance grâce à l’observation satellite des sites patrimoniaux du sud du Liban.

Un patrimoine en sursis

Dans une région déjà fortement éprouvée par le conflit, la question de la préservation du patrimoine historique devient cruciale. Le sud du Liban abrite plusieurs forteresses médiévales majeures, dont Beaufort, Qalaat Tibnin, Qalaat Chakra, Qalaat Deir Kifa et Qalaat Chamaa, aujourd’hui largement endommagée. Ces sites constituent, selon l’Unesco, des témoignages rares des échanges architecturaux au Moyen-Orient durant la période médiévale et ont connu près de neuf siècles d’histoire militaire et culturelle.

Parmi ces forteresses, Beaufort occupe une place centrale. Édifiée vers 1137, elle a été successivement remaniée par les Ayyoubides, les Mamelouks et des seigneurs locaux. Perchée à 710 mètres d’altitude, elle domine un vaste territoire stratégique allant jusqu’au nord d’Israël. Sa position en a fait un point disputé depuis les croisades jusqu’aux conflits contemporains, notamment lors des bombardements de 1982 et de son occupation jusqu’en 2000 par l'armée israélienne.

Depuis sa libération, un important projet de restauration mené entre 2002 et 2015 par la DGA et le Conseil du développement et de la reconstruction a tenté de préserver son intégrité, avec un financement renforcé par le Fonds de développement du Koweït. Aujourd’hui, ces efforts apparaissent fragilisés par la reprise des violences dans la région.