Le président américain Donald Trump a suscité une vive polémique le 27 mai après avoir proféré des menaces directes contre Oman, dans un contexte de fortes tensions liées à la guerre en cours contre l’Iran. Selon plusieurs responsables américains, ces déclarations traduisent une exaspération croissante de l’administration envers le rôle de Mascate dans la crise régionale.
Donald Trump a affirmé qu’il « ferait sauter » Oman, si le sultanat venait à coopérer avec l’Iran pour instaurer une taxe sur les navires transitant par le détroit d’Ormuz. Ce projet s’inscrirait dans un éventuel accord visant à encadrer les flux maritimes dans cette zone stratégique, essentielle au commerce mondial de l’énergie. Le président américain a insisté sur le fait que le détroit devait rester « ouvert à tous », ajoutant qu'il s'agissait « des eaux internationales ».
Des propos qui traduisent une exaspération
Dans une déclaration particulièrement virulente, il a averti que « si Oman se comporte comme tout le monde, ou alors nous devrons les faire sauter ». Ces propos ont immédiatement alimenté les inquiétudes diplomatiques, alors que la région reste marquée par une instabilité persistante liée au conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
Le détroit d’Ormuz, étroit passage maritime entre le Golfe et l’océan Indien, revêt une importance stratégique majeure. L’Iran et Oman sont les deux seuls pays à en contrôler les accès maritimes directs, ce qui confère à Mascate un rôle central dans toute tentative de régulation ou de taxation du trafic naval. Des experts juridiques estiment toutefois que des mécanismes indirects de tarification pourraient être envisagés dans le cadre du droit maritime international.
Historiquement, Oman s’est imposé comme un médiateur clé dans les tensions régionales, maintenant des relations équilibrées avec Téhéran et Washington. Le sultanat avait notamment facilité des échanges diplomatiques avant l’escalade militaire de 2025, tout en appelant régulièrement à la désescalade. Cette posture de neutralité active lui a longtemps permis de jouer un rôle d’intermédiaire discret, mais influent.
Cependant, plusieurs responsables américains estiment que Mascate a récemment durci sa communication sur le conflit, alimentant des frustrations au sein de l’administration Trump. Malgré cela, Oman conserve une relation stratégique avec les États-Unis, notamment à travers l’accès de la marine américaine au port de Duqm.