Selon plusieurs révélations relayées notamment par le New York Times, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou aurait, en début d’année, cherché à convaincre le président américain Donald Trump de s’engager dans une confrontation directe avec l’Iran. L’objectif affiché était de profiter d’un rapport de force jugé favorable pour affaiblir durablement Iran, en ciblant son programme de missiles balistiques, ses capacités nucléaires et ses réseaux régionaux. Le scénario présenté à Washington misait sur une victoire rapide et décisive, susceptible de remodeler l’équilibre stratégique au Moyen-Orient.
Mais près de deux mois après le déclenchement des tensions militaires, la dynamique semble avoir changé de cap. Washington et Téhéran travailleraient désormais à la conclusion d’un mémorandum d’entente limité dans le temps, prévu pour une durée initiale de 60 jours renouvelables. Ce rapprochement diplomatique intervient après une série d’affrontements et un cessez-le-feu fragile conclu début avril. Pour Israël, cette évolution apparaît comme un revers stratégique majeur, d’autant que les négociations se dérouleraient largement sans sa participation directe.
Bibi fragilisé en interne
Plusieurs analystes estiment que cette mise à l’écart traduit un affaiblissement de l’influence israélienne dans les discussions. Des sources proches des services de sécurité évoquent même une information transmise à Tel Aviv de manière indirecte, via des canaux régionaux ou du renseignement. Par ailleurs, certaines discussions américaines ne prendraient plus en compte la question des missiles balistiques iraniens, pourtant considérée comme essentielle par le gouvernement israélien. Malgré des destructions partielles, les estimations évoquent encore un stock important de capacités militaires iraniennes.
Sur le plan nucléaire, les inquiétudes persistent également. Le programme iranien n’aurait pas été démantelé et certaines capacités d’enrichissement resteraient actives. Si Donald Trump affirme vouloir empêcher tout accès de l’Iran à l’arme nucléaire, les contours d’un éventuel accord restent flous. Des échanges récents entre les deux dirigeants auraient confirmé cette ligne, sans pour autant lever toutes les incertitudes sur les concessions réelles envisagées.
Dans ce contexte, la stratégie de Benjamin Netanyahou est fragilisée. L’ultranationaliste Avigdor Liberman a même dénoncé publiquement un affaiblissement de la position israélienne, estimant que la gestion du conflit avait conduit à une impasse politique et militaire. En parallèle, le Premier ministre fait face à des tensions internes croissantes, notamment autour de la possibilité d’élections anticipées et de la fragilité de sa coalition.