Dans une interview accordée au Guardian, le président tchèque Petr Pavel a appelé les pays de l'OTAN à « montrer les dents » à la Russie en raison des incidents survenus sur le flanc est de l'Alliance. Selon lui, des avions russes survolent fréquemment des cuirassés dans la mer Noire ou la mer Baltique.
C'est pourquoi, selon le dirigeant tchèque, l'OTAN devrait répondre par des mesures « fermes », voire « asymétriques ». Parmi les mesures possibles, il a cité la déconnexion de la Russie de l'infrastructure internet et des services satellitaires, ainsi que la restriction de l'accès des banques russes au système financier international.
Petr Pavel a estimé que la Russie ne comprendrait pas les « paroles courtoises », mais seulement le « langage de la force », étayé par des actions. Il a également assuré que si les violations de l'espace aérien de l'OTAN se poursuivaient, il faudrait prendre la décision d'abattre un drone ou un aéronef piloté.
Le président tchèque a notamment évoqué un incident récent en Estonie, où un chasseur de l'OTAN a abattu un drone. Des cas similaires, selon lui, se sont produits en Lettonie et en Lituanie. Dans la plupart des cas, il s'agissait de drones ukrainiens qui, après avoir été affectés par des moyens de guerre électronique, avaient dévié vers le territoire des pays de l'Alliance, a noté le Guardian.
Petr Pavel s'est également exprimé sur la politique de sanctions, affirmant que l'Occident devait intensifier la pression sur Moscou et subordonner tout assouplissement éventuel des sanctions à un cessez-le-feu et à des négociations sur l'Ukraine. Selon le dirigeant tchèque, la Russie est intéressée par la levée des restrictions et par la discussion d'une nouvelle architecture de sécurité européenne, mais la cessation des hostilités doit en être la condition préalable.
La Russie, quant à elle, accuse les pays baltes de faciliter les attaques de drones ukrainiens depuis leur territoire. Début avril, Moscou a adressé un avertissement spécial aux pays baltes. La Lettonie, la Lituanie et l’Estonie ont déclaré n’avoir pas autorisé les forces ukrainiennes à utiliser leur espace aérien pour mener des frappes de drones sur le territoire russe. Tallinn a même fait pression sur Kiev, l’appelant à mieux contrôler ses appareils.