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Un responsable iranien propose la création d'une «OTAN islamique» réunissant 57 pays

Alors que les tensions géopolitiques s'intensifient au Moyen-Orient, un haut responsable iranien appelle à la création d'une alliance militaire regroupant les pays musulmans. Selon lui, une telle coalition pourrait devenir une puissance mondiale grâce à son poids économique et au contrôle de routes stratégiques.

Le conseiller spécial du ministre iranien de l'Intérieur, Mohammad-Hassan Nami, a appelé les pays musulmans à s'unir au sein d'une alliance militaire commune, pensée sur le modèle de l'OTAN, rapporte Iran International. D'après lui, les 57 États musulmans pourraient former un bloc capable de rivaliser avec les grandes puissances internationales.

Le responsable iranien a aussi souligné que cette alliance disposerait d'un avantage géographique majeur. Il a notamment cité le détroit d'Ormuz, l'une des routes maritimes les plus sensibles au monde pour le transport d'énergie. Pour lui, la présence d'un tel passage stratégique dans l'espace musulman renforcerait considérablement le poids d'un éventuel bloc islamique.

Mohammad-Hassan Nami a aussi mis en avant le potentiel économique des pays concernés, affirmant qu'une coopération renforcée entre eux pourrait accroître leur influence politique et financière à l'échelle internationale.

La guerre aurait déjà coûté 25 milliards de dollars aux entreprises mondiales

Cette référence au détroit d'Ormuz n'est pas anodine. Bloomberg souligne qu'un blocage prolongé de ce passage jusqu'au mois d'août pourrait avoir des conséquences économiques comparables à la crise de 2008. Selon une analyse de Reuters datée du 18 mai, la guerre américano-israélienne contre l'Iran aurait déjà coûté au moins 25 milliards de dollars aux entreprises mondiales, un montant en hausse continue à mesure que le conflit se prolonge. L'étude, fondée sur les communications financières de sociétés cotées aux États-Unis, en Europe et en Asie, met en évidence une détérioration rapide des conditions économiques dans de nombreux secteurs. Les entreprises subissent une forte inflation des coûts énergétiques, des perturbations majeures des chaînes d'approvisionnement et des tensions sur les routes maritimes, notamment autour du détroit d'Ormuz. Au moins 279 entreprises ont déjà mentionné la guerre comme facteur direct de décisions défensives : hausses de prix, réduction de la production, gel des dividendes ou rachats d'actions, chômage partiel et recours à des aides publiques.