Des responsables de la FIFA chargés des droits médias sont actuellement en visite en Inde afin de tenter de débloquer les négociations autour de la diffusion de la Coupe du monde 2026, selon plusieurs sources proches du dossier.
À trois semaines du coup d’envoi du tournoi, prévu le 11 juin, aucun accord de retransmission n’a encore été signé pour le marché indien, l’un des plus importants au monde en nombre de téléspectateurs potentiels.
Un bras de fer sur les droits télévisés
Les discussions entre la FIFA et la coentreprise Reliance-Disney, premier groupe médiatique indien, n’ont jusqu’ici pas abouti. Selon plusieurs informations publiées ces derniers mois, le groupe aurait proposé environ 20 millions de dollars pour obtenir les droits de diffusion, bien loin des attentes de la FIFA.
L’instance dirigeante du football mondial réclamait initialement près de 100 millions de dollars avant de revoir ses exigences à environ 60 millions. Cet écart important entre les deux parties explique le blocage actuel des négociations.
Le groupe Sony, autre acteur majeur du paysage audiovisuel indien, aurait également choisi de ne pas participer aux enchères.
Dans une déclaration à Reuters, la FIFA a indiqué avoir déjà conclu des accords de diffusion dans plus de 180 territoires, tout en confirmant que les discussions en Inde étaient toujours en cours et demeuraient confidentielles.
Des millions de supporters dans l’incertitude
L’absence d’accord fait planer le risque d’un écran noir pour des millions de supporters indiens. Si le cricket domine largement le paysage sportif du pays, le football continue de gagner en popularité.
Selon une étude publiée en 2024 par Deloitte et Google, l’Inde compterait environ 85 millions de fans de football, contre près de 492 millions pour le cricket. Lors de la Coupe du monde 2022, l’Inde représentait environ 2,9 % de l’audience mondiale de la télévision linéaire du tournoi, soulignant l’importance stratégique du marché indien pour la FIFA et les diffuseurs.
Le calendrier complique encore davantage les négociations. En cas d’accord de dernière minute, les diffuseurs devront rapidement mettre en place les infrastructures techniques nécessaires et commercialiser les espaces publicitaires liés à la compétition.
La FIFA semble vouloir éviter un scénario similaire à celui connu récemment en Chine, où un accord n’a été trouvé qu’après plusieurs semaines de blocage. China Media Group, maison mère du diffuseur public chinois, a finalement obtenu les droits de diffusion la semaine dernière.