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Guerre au Moyen-Orient : un choc économique mondial estimé à 25 milliards de dollars

Le conflit autour de l’Iran aurait déjà coûté 25 milliards de dollars aux entreprises mondiales, selon Reuters. Énergie chère, chaînes d’approvisionnement perturbées et détroit d’Ormuz bloqué fragilisent tous les secteurs. Les marges et les bénéfices sont sous pression, avec des risques d’aggravation si la guerre continue.

Selon une analyse de Reuters datée du 18 mai, la guerre américano-israélienne contre l’Iran aurait déjà coûté au moins 25 milliards de dollars aux entreprises mondiales, un montant en hausse continue à mesure que le conflit se prolonge. L’étude, fondée sur les communications financières de sociétés cotées aux États-Unis, en Europe et en Asie, met en évidence une détérioration rapide des conditions économiques dans de nombreux secteurs.

Les entreprises subissent une forte inflation des coûts énergétiques, des perturbations majeures des chaînes d’approvisionnement et des tensions sur les routes maritimes, notamment autour du détroit d’Ormuz, point stratégique du commerce pétrolier mondial. Au moins 279 entreprises ont déjà mentionné la guerre comme facteur direct de décisions défensives : hausses de prix, réduction de la production, gel des dividendes ou rachats d’actions, chômage partiel et recours à des aides publiques.

Des marchés financiers résistants

Dans l’industrie, la pression s’intensifie. Des groupes comme Whirlpool ont revu leurs prévisions à la baisse et suspendu leurs dividendes, évoquant une situation comparable à certaines périodes de récession. D’autres acteurs comme Procter & Gamble, Toyota ou Karex alertent sur la hausse des coûts de production et le ralentissement de la demande. Le secteur aérien est particulièrement touché, concentrant près de 15 milliards de dollars de pertes liées à l’envolée du prix du carburant.

Le pétrole, dépassant les 100 dollars le baril après les perturbations du détroit d’Ormuz, entraîne une hausse des coûts logistiques et des pénuries de matières premières essentielles comme l’aluminium, l’hélium ou les produits pétrochimiques. Cette situation pousse de nombreuses entreprises à répercuter les coûts sur les prix, alimentant une inflation persistante et fragilisant davantage la consommation.

Les marges des secteurs industriels, chimiques et de la consommation sont sous pression. Les grandes banques d’investissement comme Goldman Sachs et UBS anticipent une dégradation durable des profits, avec des révisions à la baisse des prévisions bénéficiaires aux États-Unis, en Europe et au Japon. Certaines entreprises estiment qu’une simple hausse de 5 dollars du baril peut générer plusieurs millions de dollars de coûts supplémentaires.

Malgré cela, les marchés financiers restent pour l’instant relativement résistants, soutenus par des résultats encore solides sur certains trimestres. Toutefois, les analystes estiment que l’impact réel du conflit n’est pas encore totalement intégré dans les comptes des entreprises, laissant craindre une dégradation plus marquée dans les mois à venir si les tensions persistent.