Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, doit organiser la semaine prochaine à Bruxelles une réunion exceptionnelle avec les principaux groupes européens de l’armement. Selon le Financial Times dans un article publié le 16 mai, l’objectif est clair : pousser l’industrie militaire européenne à accélérer ses investissements et à augmenter rapidement ses capacités de production.
Plusieurs grands groupes du secteur participeront à cette rencontre, parmi lesquels Rheinmetall, Airbus, Safran, Saab, MBDA et Leonardo. D’après le quotidien britannique, cette réunion doit également préparer le sommet de l’OTAN prévu en juillet à Ankara, où l’alliance souhaite afficher des avancées concrètes dans le réarmement du continent et l’augmentation de la production militaire européenne.
Les discussions devraient principalement porter sur les systèmes de défense antiaérienne, les missiles longue portée ainsi que les capacités de renseignement et de surveillance. Le Financial Times souligne que ces domaines restent largement dépendants des technologies et du soutien américains.
Mark Rutte veut également convaincre les industriels européens d’investir immédiatement dans l’augmentation des capacités de production, sans attendre de nouveaux contrats publics massifs. Un responsable cité par le Financial Times explique que l’objectif est de rendre « plus crédible » l’augmentation des dépenses militaires décidée au sein de l’alliance.
Washington accentue la pression sur ses alliés
Cette initiative intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et plusieurs alliés européens de l’OTAN. Depuis plusieurs années, Donald Trump accuse régulièrement les pays européens de ne pas investir suffisamment dans leur défense et de dépendre excessivement des États-Unis sur le plan militaire.
Le président américain a déjà menacé de revoir l’engagement de Washington au sein de l’Alliance atlantique, allant jusqu’à qualifier l’OTAN de « tigre de papier ». Dans ce contexte, la réunion organisée à Bruxelles apparaît aussi comme une tentative de rassurer la Maison Blanche et de montrer que les Européens sont prêts à accélérer leur réarmement.
Selon le Financial Times, plusieurs capitales européennes restent particulièrement dépendantes des capacités militaires américaines, notamment dans le domaine des missiles longue portée et de la défense antiaérienne. Berlin cherche actuellement à acquérir des missiles américains Tomahawk pour répondre aux nouvelles exigences militaires de l’alliance, tandis que plusieurs responsables européens cherchent parallèlement à accélérer les programmes industriels locaux.
Une industrie européenne confrontée à ses propres limites
Le quotidien britannique souligne également que des désaccords persistent depuis plusieurs années entre les gouvernements européens et les industriels du secteur de la défense. Les fabricants d’armes reprochent aux États de ne pas signer suffisamment de contrats à long terme pour financer l’expansion de leurs capacités, tandis que plusieurs gouvernements accusent les entreprises de ne pas augmenter assez vite leurs capacités de production.
Dans ce contexte, la réunion de Bruxelles doit permettre aux industriels de présenter les principaux obstacles qui freinent encore l’expansion du secteur militaire européen. Plusieurs projets devraient notamment être évoqués, comme la construction de nouvelles usines, le recrutement de personnel spécialisé, le renforcement des chaînes d’approvisionnement ou encore la réduction de la dépendance aux composants chinois et taïwanais.
Selon des responsables de l’OTAN cités par le Financial Times, l’alliance cherche à accélérer le développement industriel militaire européen afin de répondre aux nouveaux objectifs stratégiques fixés par Washington et de prouver sa capacité à suivre le rythme imposé par les États-Unis.