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Drones ukrainiens : la crise politique secoue les pays baltes

L’inaction de l’armée lettone face à l’intrusion de drones ukrainiens dans la nuit du 6 au 7 mai a provoqué un séisme politique à Riga. Alors que le gouvernement d’Evika Siliņa démissionne en bloc, l’Estonie et la Lituanie durcissent le ton, exigeant une protection stricte de leur espace aérien face aux appareils ukrainiens.

La Première ministre lettone, Evika Siliņa, a présenté sa démission, entraînant celle de l’ensemble de son gouvernement. Cette crise politique fait suite à l’incident survenu dans la nuit du 6 au 7 mai, lorsque plusieurs drones ukrainiens ont pénétré dans l’espace aérien letton sans être interceptés par l’armée. Selon les informations relayées par les médias locaux, l’un des appareils se serait écrasé près d’une base pétrolière dans la ville de Rezekne, causant des dégâts matériels et alimentant de vives critiques contre l'inaction des autorités militaires.

À la suite de cet incident, le ministre letton de la Défense, Andris Spruds, a démissionné, et Siliņa a proposé de nommer Raivis Melnis à sa place. Cette proposition a entraîné l’annonce du parti des « Progressistes », qui a indiqué ne plus soutenir le gouvernement. La coalition Union des Verts et des Paysans a déclaré que le gouvernement dirigé par Siliņa était de facto tombé, que la possibilité de former un gouvernement technique ou minoritaire était épuisée et qu’il fallait entamer un cycle de négociations en vue de former un nouveau gouvernement.

Face à cette tournure des événements, les pays baltes ont tiré la sonnette d’alarme : le ministre estonien de la Défense, Hanno Pevkur, a appelé l’Ukraine à tenir ses drones à l’écart du territoire estonien, tandis que le président lituanien, Gitanas Nauseda, a exigé que l’armée de son pays abatte tous les appareils de ce type qui violeraient l’espace aérien national.

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Les pays baltes ont signalé à plusieurs reprises la présence de drones ayant pénétré dans leur espace aérien. Ces drones ont par la suite été identifiés comme étant ukrainiens. Fin mars, les autorités lituaniennes ont signalé la chute d'un drone ukrainien, dont le moteur a été retrouvé parmi les débris.

Des incidents similaires ont été enregistrés en Finlande et en Estonie. Dans la nuit du 31 mars, plusieurs drones, vraisemblablement ukrainiens, ont pénétré dans l'espace aérien estonien — une alerte a été déclenchée et des chasseurs de l'OTAN ont décollé, mais les appareils n'ont pas été abattus. En Finlande, fin mars, deux drones se sont écrasés ; l'un d'entre eux a été identifié comme un An-196 ukrainien. Dans la nuit du 14 au 15 mai, les médias finlandais ont également signalé qu'au moins un drone avait pénétré dans l'espace aérien du pays, entraînant le décollage de chasseurs et la fermeture de l'aéroport d'Helsinki pendant trois heures.

Face à cette tendance, début avril, le ministère russe des Affaires étrangères a adressé un avertissement spécial aux pays baltes, leur rappelant qu'il était inacceptable d'autoriser le survol de leur espace aérien par des drones ukrainiens lors d'attaques contre la Russie. Le 16 avril, le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Sergueï Choïgou, a également rappelé à la Finlande et aux États baltes le droit de la Russie à la légitime défense après les frappes de drones ukrainiens transitant « via » ces États européens.