L’Arabie saoudite aurait évoqué la possibilité de mettre en place un pacte de non-agression entre l’Iran et les États du Moyen-Orient, inspiré des accords d’Helsinki de 1975 qui avaient contribué à stabiliser les relations en Europe durant la guerre froide, selon un article du Financial Times paru le 14 mai. Cette initiative viserait à instaurer un cadre de coexistence régionale fondé sur la reconnaissance mutuelle et la réduction des tensions militaires.
Soutenue par plusieurs capitales européennes et institutions de l’Union européenne, cette proposition reste toutefois incertaine quant à l’adhésion des États-Unis et d’Israël. Ces derniers demeurent des acteurs clés dont l’accord conditionnerait largement la viabilité d’un tel mécanisme régional.
Le projet intervient dans un contexte de fortes divisions au sein du Golfe. Tandis que l’Arabie saoudite explore des pistes de désescalade avec Téhéran, les Émirats arabes unis adoptent une posture plus ferme vis-à-vis de l’Iran et ont renforcé leur coopération sécuritaire avec Israël depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l'Iran.
Opposition américaine et israélienne
Le modèle évoqué s’inspire directement des accords d’Helsinki, qui avaient établi des principes de sécurité, de coopération économique et de respect des droits humains entre blocs antagonistes. Un diplomate cité par le Financial Times estime qu’un cadre similaire pourrait être accepté par une majorité de pays arabes et musulmans, voire par l’Iran lui-même, malgré des divergences profondes sur des dossiers sensibles comme le détroit d’Ormuz.
Mais plusieurs obstacles demeurent. Israël devrait probablement s’opposer à tout accord formalisant un rapprochement arabo-iranien, tandis que Washington n’a pas encore clarifié sa position. Parallèlement, Téhéran cherche à consolider son influence régionale, notamment sur les routes maritimes stratégiques du Golfe.
Les tensions restent vives malgré des tentatives de médiation, notamment via des canaux pakistanais, aujourd’hui en perte de vitesse. Les divergences entre Riyad et Abou Dhabi illustrent également l’absence d’une ligne commune face à l’Iran et à Israël.
Alors que certains États du Golfe privilégient la désescalade, d’autres misent sur des alliances sécuritaires renforcées, alimentant un paysage régional fragmenté où aucune architecture de sécurité commune ne s’impose encore.