La Constitution nord-coréenne prévoit désormais la possibilité d'une frappe nucléaire en cas de menace contre la vie du dirigeant Kim Jong-un, rapporte l'agence de presse sud-coréenne Yonhap. L'Assemblée populaire suprême a adopté une loi précisant les conditions d'emploi des forces nucléaires du pays. Le texte prévoit notamment qu'une frappe puisse être déclenchée automatiquement si la Corée du Nord fait l'objet d'une attaque.
D'après KCNA, l'agence de presse nord-coréenne, une telle frappe peut être menée immédiatement afin de détruire l'origine d'une provocation, si le système de commandement et de contrôle des forces nucléaires est menacé par des forces hostiles. La loi accorde également à Kim Jong-un un commandement unifié ainsi que l'ensemble des pouvoirs décisionnels concernant les armes nucléaires.
Selon Yonhap, Kim Jong-un a publiquement réaffirmé sa détermination à ne pas abandonner l'arsenal nucléaire du pays. Il a accusé les États-Unis de chercher non seulement la dénucléarisation de la Corée du Nord, mais aussi l'effondrement du système politique nord-coréen.
Le dirigeant nord-coréen a indiqué que Pyongyang n'avait pas l'intention de reprendre les négociations sur la dénucléarisation. Dans son discours devant l'Assemblée populaire suprême, Kim Jong-un a déclaré que l'objectif des États-Unis n'était pas seulement de faire disparaître les armes nucléaires nord-coréennes, mais aussi de contraindre la Corée du Nord à renoncer à ses moyens d'autodéfense ou à les affaiblir.
Il a également critiqué la politique américaine de sanctions et de pression, présentée comme la plus importante jamais menée contre Pyongyang dans le but d'obtenir la dénucléarisation. Selon lui, cette approche relève d'une mauvaise évaluation de la situation par les adversaires de la Corée du Nord. Kim Jong-un a surtout souligné que le pays devait continuer à élargir le champ de ses opérations nucléaires tactiques afin de renforcer sa posture de combat nucléaire.
Le dirigeant du Corée du Nord a précisé que l'inscription de cette politique nucléaire dans la loi revêtait une grande importance, car elle trace une ligne irréversible empêchant que la puissance nucléaire du pays soit utilisée comme objet de négociation.
Il a ajouté qu'un changement des conditions politiques et militaires dans la péninsule coréenne, ainsi que de l'environnement politique international, serait nécessaire pour envisager une modification de cette politique nucléaire nord-coréenne.
L'Assemblée populaire suprême est l'organe suprême du pouvoir selon la Constitution nord-coréenne. Elle tient généralement une session plénière en mars ou en avril, principalement consacrée au budget et aux changements au sein du gouvernement.