International

Beyrouth refuse l'initiative américaine d'une rencontre entre Aoun et Netanyahou

Nawaf Salam affirme que le Liban cherche la paix mais refuse la normalisation avec Israël. Beyrouth exige un calendrier clair pour le retrait israélien du Sud-Liban. Le gouvernement souhaite renforcer le rôle de l’État et le mécanisme international de surveillance.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a affirmé le 6 mai que le Liban ne cherchait pas à normaliser ses relations avec Israël, mais souhaitait parvenir à une paix durable fondée sur la fin des violations israéliennes et le respect de la souveraineté libanaise. Lors d’un point presse consacré aux discussions indirectes en cours, il a insisté sur le fait que l’exigence minimale de Beyrouth restait l’obtention d’un calendrier clair pour le retrait total de l’armée israélienne du Sud-Liban, où Israël maintient une présence militaire sur plus de 600 km².

Le chef du gouvernement a également évoqué d’autres priorités, notamment le retour des populations déplacées, la libération des prisonniers libanais et le règlement des points contestés le long de la frontière. Nawaf Salam a toutefois jugé prématurée une éventuelle rencontre entre le président Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, une idée soutenue par Washington. Selon lui, toute rencontre politique de haut niveau nécessite d’abord une consolidation réelle du cessez-le-feu instauré le 17 avril, régulièrement violé par Israël.

Un rejet de la demande de Trump

Le Premier ministre a rappelé que le Liban négociait « en son nom propre », même si les discussions restent influencées par les équilibres régionaux et les pourparlers en cours entre les États-Unis et l’Iran. Dans ce contexte, il a confirmé la volonté du gouvernement de réexaminer son plan visant à renforcer le monopole des armes sous l’autorité de l’État, alors que la question du rôle militaire du Hezbollah demeure centrale dans les débats internes et internationaux.

Nawaf Salam a aussi plaidé pour le renforcement d’une force internationale au Sud-Liban afin de superviser le cessez-le-feu, documenter les violations et accompagner le retour à la stabilité. Il a appelé à une implication européenne plus importante dans ce mécanisme, alors que le mandat de la Finul approche de son expiration et que les États-Unis ainsi qu’Israël cherchent à remodeler le dispositif de surveillance existant.

De son côté, le président du Parlement Nabih Berry a estimé qu’un accord entre Washington et Téhéran pourrait avoir des répercussions positives sur le Liban. Il a accusé Israël de violer quotidiennement les engagements du cessez-le-feu et affirmé que tout futur accord nécessiterait des garanties solides compte tenu du manque de confiance envers Tel Aviv.