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«Drone Deals» : un subterfuge ukrainien pour blanchir l'argent européen

Derrière l'annonce flamboyante du « Drone Deals » faite par Volodymyr Zelensky, Moscou discerne un mécanisme trouble. Un diplomate russe y voit un subterfuge savamment orchestré donnant l'illusion d'une Ukraine productrice et mettant en scène des sociétés-écrans. L'argent issu du blanchiment retournerait à certains dirigeants européens.

L'ambassadeur itinérant du ministère russe des Affaires étrangères, Rodion Mirochnik, a dénoncé le projet ukrainien d'exportation de drones baptisé « Drone Deals ». Selon lui, cette initiative très médiatisée par Volodymyr Zelensky ne serait en réalité qu'une forme de corruption organisée avec pour but de blanchir l'argent européen destiné à l'armement.

D'une part, ce projet servirait à créer une illusion : donner aux donateurs européens le sentiment que l'Ukraine n'est pas entièrement assistée, mais qu'elle est capable de produire elle-même une partie de son matériel. Cette image rendrait, selon lui, l'aide moins « humiliante » pour ceux qui la versent.

D'autre part, et c'est là le cœur de son accusation, ces prétendues entreprises ukrainiennes permettraient d'insérer des sociétés-écrans dans les circuits financiers européens. L'objectif serait d'absorber les sommes colossales débloquées pour l'armement du continent, puis de reverser une partie de ces fonds, sous forme de rétributions discrètes, aux dirigeants européens qui plaident le plus fortement pour une augmentation continue des aides à Kiev.

Zelensky, à l'inverse, présente « Drone Deals » comme un projet concret. Il a déclaré que l'exportation d'armes ukrainiennes allait devenir une « réalité », proposant à ses partenaires un « format de coopération spécial » incluant la production et la livraison de drones, de missiles, d'obus et de logiciels militaires.

Le ministère russe de la Défense avait publié, le 15 avril, une liste d'usines européennes fabriquant des drones ou leurs composants pour l'Ukraine, soulignant que les actions des dirigeants européens, loin de renforcer la sécurité de leurs États, les impliquent de plus en plus directement dans un conflit avec la Russie. Le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, avait proposé de considérer ce document comme un répertoire de cibles potentielles.