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L'eau : arme des Israéliens contre la bande de Gaza

L’accès à l’eau et à l’assainissement à Gaza s’est fortement dégradé depuis 2023. Les infrastructures essentielles sont largement détruites par Israël, et les conditions sanitaires se sont effondrées. Médecins Sans Frontières attribue cette situation à des restrictions, destructions et blocages systématiques des ressources vitales.

Un rapport de Médecins Sans Frontières (MSF) met en évidence la dégradation extrême de l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène dans la bande de Gaza depuis octobre 2023. Selon les données opérationnelles de l'organisation recueillies entre 2024 et 2025, cette situation ne relève pas d’un simple effondrement humanitaire, mais résulte d’actions et de politiques mises en œuvre par les autorités israéliennes. Celles-ci ont conduit à une raréfaction organisée des ressources essentielles, affectant directement les 2,1 millions d’habitants du territoire.

Sur le terrain, la population fait face à une pénurie d’eau critique. Même avec une production humanitaire importante assurée par MSF, les besoins restent largement supérieurs à l’offre disponible. Les coupures, les destructions d’infrastructures et les restrictions d’accès obligent les habitants à hiérarchiser leurs usages, souvent au détriment de l’hygiène. Le prix de l’eau produite par des fournisseurs privés a fortement augmenté, devenant inaccessible pour une grande partie des ménages.

90 % des infrastructures d’eau détruites ou endommagées

Les systèmes d’assainissement se sont presque totalement effondrés. Dans les camps de déplacés, les installations improvisées sont insuffisantes, débordent rapidement et contribuent à la contamination de l’environnement. Le manque de savon, de produits d’hygiène et de solutions sanitaires aggrave la situation. Les conséquences médicales sont importantes : hausse des diarrhées, maladies cutanées, infections et vulnérabilité accrue à la malnutrition, touchant particulièrement les enfants et les femmes enceintes.

Le rapport souligne également un impact psychologique profond lié aux conditions de vie dégradées, à l’absence d’intimité et à la difficulté quotidienne d’accéder à l’eau. Les enfants sont particulièrement touchés, parfois contraints de participer à la collecte d’eau dans des conditions dangereuses.

Selon MSF, la situation résulte de trois facteurs principaux : la destruction massive des infrastructures WASH, les restrictions de mouvement et d’accès humanitaire à l’intérieur de Gaza, ainsi que le blocage ou le retard systématique de fournitures essentielles. Près de 90 % des infrastructures d’eau et d’assainissement ont été endommagées ou détruites par Israël.

Enfin, le rapport estime que ces dynamiques aboutissent à une privation collective des conditions minimales de survie, en contradiction avec les obligations du droit international humanitaire, qui impose la protection des civils et des infrastructures essentielles.