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Face au blocus américain, l’Iran menace de bloquer la mer Rouge

Téhéran menace d’étendre le conflit en mer Rouge en réponse au blocus américain. Les négociations indirectes se poursuivent mais restent très incertaines. Un blocage de Bab el-Mandeb par les Houthis aurait de lourdes conséquences pour l’économie mondiale.

La fragile accalmie observée depuis le 8 avril entre l’Iran et les États-Unis est déjà menacée par une nouvelle escalade. Téhéran a averti qu’il pourrait bloquer le trafic maritime en mer Rouge si Washington maintenait son blocus des ports iraniens, une mesure perçue comme une atteinte directe à sa souveraineté et à son économie.

Cette mise en garde intervient alors que des discussions indirectes se poursuivent via le Pakistan, malgré l’échec d’un premier cycle de négociations à Islamabad. Si Donald Trump évoque la possibilité d’un accord imminent, la réalité des tensions sur le terrain suggère une situation bien plus instable.

La carte Houthis pour Téhéran

Le blocus imposé par les États-Unis vise à paralyser le commerce maritime iranien, dont dépend l’essentiel de son économie. Selon des responsables militaires américains, ce blocus aurait déjà mis à l’arrêt une large partie des échanges du pays. En réponse, Téhéran considère cette pression comme incompatible avec le cessez-le-feu et brandit des mesures de rétorsion susceptibles d’élargir le conflit.

La mer Rouge apparaît comme un levier stratégique : bien que l’Iran n’y ait pas d’accès direct, il peut s’appuyer sur ses alliés houthis au Yémen, déjà actifs dans cette zone clé du commerce international. Une telle extension du conflit ferait peser un risque majeur sur les flux énergétiques et commerciaux mondiaux. Le blocage de Bab el-Mandeb (« porte des lamentations » en arabe) aurait de lourdes conséquences pour le commerce international et l’économie des pétromonarchies.

Dans ce contexte, les négociations restent extrêmement fragiles. Si les deux parties continuent de dialoguer indirectement, leurs positions demeurent éloignées, notamment sur les questions de sécurité maritime et de sanctions. L’Iran cherche à obtenir un allègement de la pression économique, tandis que les États-Unis maintiennent un blocus maritime pour contraindre Téhéran à des concessions plus larges.