Le premier jour complet du blocus imposé par les États-Unis aux navires desservant les ports iraniens n’a que partiellement affecté le trafic dans le détroit d’Ormuz. Le 14 avril, au moins huit navires ont continué de transiter par cette voie stratégique, dont trois pétroliers liés à l’Iran, selon des données maritimes. Ces derniers n’étaient toutefois pas à destination de ports iraniens, échappant ainsi aux restrictions américaines.
Annoncé par Donald Trump après l’échec des négociations de paix à Islamabad, le blocus vise à accentuer la pression sur Téhéran. Le Commandement central américain affirme qu’aucun navire n’a franchi le dispositif dans les premières 24 heures, six ayant été contraints de rebrousser chemin. En pratique, la mesure semble appliquée de manière ciblée, laissant passer certains flux tout en dissuadant une grande partie du trafic.
Un blocus partiel
Le détroit fonctionne désormais au ralenti. Alors qu’il voyait passer plus de 130 navires par jour avant le conflit, seuls quelques bâtiments continuent de circuler. Parmi eux, des pétroliers transportant du naphta ou du méthanol, parfois liés à des circuits sous sanctions. Cette activité résiduelle illustre les ajustements du secteur maritime face aux contraintes, notamment via des routes indirectes ou des cargaisons non concernées par le blocus.
La Chine a dénoncé une mesure « dangereuse et irresponsable », estimant qu’elle risque d’aggraver les tensions régionales. De leur côté, les experts évoquent un blocus « flexible », reposant davantage sur la dissuasion et la redirection des navires que sur une interdiction totale. Les cargaisons humanitaires restent par ailleurs exemptées.
Malgré l’absence de flambée immédiate des primes d’assurance, les coûts liés aux risques de guerre demeurent élevés et pèsent sur les armateurs. Dans ce contexte d’incertitude, le trafic devrait rester durablement réduit, éloignant toute perspective de retour rapide à la normale dans cette zone clé du commerce énergétique mondial.