Le Liban a vécu, le 8 avril, l’une des journées les plus violentes depuis le début de la guerre, marquée par une offensive israélienne d’une ampleur inédite. Qualifiée par Israël de « plus large campagne de frappes » depuis le 2 mars, cette opération a visé en seulement dix minutes une centaine de sites du Hezbollah à travers tout le pays. Beyrouth, la Békaa et le Sud ont été frappés simultanément.
Les bombardements ont ciblé des infrastructures militaires, des centres de renseignement et des unités d’élite du Hezbollah, notamment la force al-Radwan. Ali Yusuf Harshi, secrétaire personnel et neveu du secrétaire général du Hezbollah Naïm Qassem, a été assassiné à Beyrouth, a également annoncé l'armée israélienne. Mais sur le terrain, les frappes ont aussi touché de nombreuses zones urbaines. Dans la capitale, plusieurs quartiers ont été visés, provoquant la destruction d’immeubles entiers et semant la panique parmi les habitants. Des embouteillages massifs ont entravé les secours, tandis que les hôpitaux peinent à faire face à l’afflux de blessés.
Le Liban : l'oublié du cessez-le-feu
Dans le sud du pays, le bilan humain s’alourdit. Des dizaines de morts ont été recensés, notamment à Srifa et Saïda, où des frappes ont touché des zones civiles et des populations déplacées. Le complexe religieux al-Sayida Zahraa a été bombardé, tuant notamment une figure proche du Hezbollah. Des secouristes eux-mêmes ont été pris pour cible, aggravant encore la crise humanitaire. Cette intensité des frappes et leur caractère diffus donnent le sentiment d’une punition collective infligée à l’ensemble de la population libanaise.
Malgré la trêve annoncée entre les États-Unis et l’Iran, Israël a clairement indiqué que le Liban ne serait pas concerné. L’armée israélienne poursuit ses opérations, appelant même les habitants du sud à évacuer. Face à cette escalade, le Hezbollah a suspendu temporairement ses attaques, tout en dénonçant des « crimes de guerre » et en affirmant son droit à riposter.
L’armée libanaise, de son côté, a exhorté les déplacés à ne pas retourner dans leurs villages, toujours sous les bombardements. Sur l’ensemble du territoire, la peur et l’incertitude dominent, dans un pays déjà fragilisé.