Dimanche 5 avril
Le refus des États-Unis de recourir au « langage des ultimatums » contribuerait à la désescalade dans la région, estime Lavrov
À l'initiative de la partie iranienne, un entretien téléphonique a eu lieu ce 5 avril entre le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et son homologue iranien, Abbas Araghchi. Au cours des discussions, Moscou a exprimé l'espoir que les efforts entrepris par plusieurs États pour désamorcer les tensions autour de l'Iran aboutissent, dans l'intérêt d'une normalisation durable et à long terme de la situation au Moyen-Orient. En particulier, selon la partie russe, le refus des États-Unis de recourir au « langage des ultimatums » et le retour à la voie des négociations pourraient y contribuer.
Les ministres ont appelé à éviter toute action, y compris au Conseil de sécurité de l’ONU, susceptible de compromettre les chances qui subsistent de faire avancer les efforts politico-diplomatiques visant à régler la crise. Les parties ont également souligné la nécessité de mettre immédiatement fin aux attaques « imprudentes et illégales » contre des infrastructures civiles, industrielles et énergétiques, y compris la centrale nucléaire de Bouchehr, placée sous les garanties de l’AIEA, en soulignant qu’il était inacceptable de mettre en danger la vie et la santé de son personnel et de créer des risques de catastrophe radioactive pour l’ensemble de la région.
La coupure d'internet en Iran a établi un record mondial, dépassant la barre des 36 jours, selon les données de surveillance
La coupure d'internet en Iran est devenue la plus longue coupure nationale d'internet jamais enregistrée dans le monde. La connexion internet est interrompue depuis plus de 36 jours, soit environ 870 heures, indique un communiqué du service international de surveillance d'internet NetBlocks.
Selon le rapport, la baisse notable du nombre d'utilisateurs est notamment due à des dommages causés à l'infrastructure. Les opérations militaires à Gaza et en Ukraine entraînent également des perturbations prolongées de la connexion, note le service de surveillance, ajoutant toutefois qu'aucune guerre, à sa connaissance, n'avait conduit à une coupure d'internet à l'échelle de tout un pays.
L'Iran affirme avoir frappé des installations pétrochimiques israéliennes et une base américaine au Koweït
L'armée iranienne a lancé des frappes de drones contre des installations pétrochimiques israéliennes situées près de Dimona et contre une base militaire américaine à Bubiyan, au Koweït, a annoncé la télévision d'État iranienne, citant le Corps des gardiens de la révolution islamique.
Un pilote de F-15 a été secouru dans les montagnes après avoir passé plus de 36 heures en territoire iranien, selon les médias
Le pilote américain d'un chasseur F-15 abattu en Iran a été secouru dans les montagnes où il s'était réfugié après avoir traversé un terrain difficile, rapporte CNN en citant des sources. Après s'être éjecté, il a été blessé et s'est caché dans une crevasse en amont de la ligne de front.
Le Wall Street Journal ajoute que le pilote a passé au total un jour et demi en territoire ennemi, soit plus de 36 heures. Il a réussi à gravir une crête située à plus de 2 000 mètres d'altitude. Il n'avait sur lui qu'un pistolet, un dispositif de communication et une balise de repérage. Le journal ajoute que pendant tout le temps passé sur le territoire iranien, le pilote a réussi à échapper à la capture par l'armée iranienne.
Des centaines de militaires et d'agents de renseignement américains ont participé à l'opération de sauvetage, y compris des forces d'opérations spéciales ainsi que des agents de la CIA, qui ont semé la confusion parmi les chercheurs iraniens, affirme le Wall Street Journal. Au cours de cette opération, les Américains ont perdu deux avions de transport – ils les ont eux-mêmes détruits au sol, craignant qu'ils ne tombent entre les mains des Iraniens.
Une attaque américano-israélienne touche un véhicule de secours du Croissant-Rouge, selon l'IRIB
La télévision d'État iranienne fait état d'une attaque israélo-américaine contre un véhicule de secours du Croissant-Rouge dans la région de Sepidan, au sein de la province de Fars. Selon le communiqué, l'équipe se rendait dans la région de Komaher pour mener une opération de sauvetage.
Le véhicule de secours a été détruit, ajoute l'IRIB.
« Ouvrez ce p*** de détroit, bande de c*** » : Trump exige l'ouverture du détroit d'Ormuz et passe aux insultes
Le président américain Donald Trump a de nouveau proféré des menaces à l'encontre de l'Iran, exigeant l'ouverture du détroit d'Ormuz. « Mardi sera le Jour des centrales électriques et le Jour des ponts, tout d’un seul coup, en Iran. Il n’y aura rien de comparable !!! Ouvrez ce p*** de détroit, bande de c***, ou vous allez vivre en enfer, VOUS ALLEZ VOIR ! », a-t-il écrit sur son réseau social Truth Social.
Le sud de Beyrouth sous les frappes israéliennes
L'armée de l'air israélienne frappe à nouveau la banlieue sud de Beyrouth. Selon les médias locaux, des missiles ont touché des immeubles d'habitation dans les quartiers de Jnah et de Rouweiss.
Le correspondant de RT, Igor Kourachenko, se trouve sur les lieux des attaques israéliennes et montre la situation actuelle ainsi que les conséquences des frappes.
Les États-Unis auraient perdu au moins sept avions depuis le début de la guerre en Iran, selon CNN
Au moins sept avions de l'armée de l'air américaine ont été perdus au cours de la guerre avec l'Iran, selon les estimations de CNN basées sur des données fournies par l'armée et diverses sources. Parmi les dernières pertes figurent un chasseur F-15 et un avion d'attaque au sol A-10 Thunderbolt II. Le chasseur a été abattu en Iran, tandis que l'avion d'attaque a pris feu au cours d'une opération de recherche du pilote.
En outre, la chaîne américaine recense cinq autres cas de pertes aériennes américaines. Parmi celles-ci, trois chasseurs F-15 abattus le 2 mars par les moyens de défense aérienne koweïtiens à la suite d'un « tir ami », un avion ravitailleur KC-135, qui s'est écrasé le 12 mars, ainsi qu'un avion de détection et de contrôle radar à longue portée E-3 Sentry, détruit sur la base Prince Sultan en Arabie saoudite le 27 mars.
L'article ne mentionne aucun commentaire officiel du Pentagone concernant le nombre total de pertes auquel fait référence CNN.
L'Iran serait capable de remettre en état ses infrastructures militaires en quelques heures après les frappes américano-israéliennes
L'Iran parvient à remettre en service certains sites touchés quelques heures après des frappes menées par les États-Unis et Israël. Dans le même temps, les services américains indiquent ne pas pouvoir établir avec précision le nombre d'équipements détruits, l'utilisation de leurres rendant toute estimation incertaine.
Le Hezbollah affirme avoir frappé un navire de guerre israélien au large des côtes libanaises
Des combattants du mouvement libanais Hezbollah ont attaqué un navire de guerre israélien qui s'apprêtait à lancer des frappes sur le territoire libanais, affirme le mouvement. Selon ce communiqué, la frappe a été effectuée à l'aide d'un missile de croisière naval alors que le navire se trouvait à 68 milles nautiques de la côte.
Le mouvement a assuré que la cible avait bien été atteinte.
Les avions américains détruits par les États-Unis en Iran valaient 100 millions de dollars chacun, selon le Wall Street Journal
Les avions américains que les États-Unis ont eux-mêmes détruits en Iran valaient 100 millions de dollars chacun, rapporte le Wall Street Journal. Selon le journal américain, les responsables n'ont pas précisé pourquoi les MC-130J se sont retrouvés « en difficulté » : ces appareils sont équipés de capteurs de pointe pour se protéger contre les moyens de défense aérienne, y compris les systèmes à guidage thermique.
Dans le même temps, des images supposées montrer les avions américains détruits sont publiées sur les réseaux sociaux.
Une frappe aérienne israélienne a rasé un immeuble de plusieurs étages dans le sud du Liban
Une frappe aérienne israélienne sur Tyr, dans le sud du Liban, a détruit un immeuble de plusieurs étages. Des témoins ont diffusé des images de l'impact du missile et des conséquences de l'attaque.
Bloomberg : la rhétorique triomphante de Trump est remise en cause par les avions abattus par l'Iran
Les pertes subies par l'aviation américaine dans le conflit avec l'Iran sapent les déclarations annonçant une victoire imminente des États-Unis et accentuent les risques politiques pour le président Donald Trump, rapporte Bloomberg, citant des sources. Le 3 avril, les forces iraniennes ont abattu un chasseur américain F-15E ainsi qu'un avion d'attaque A-10 Warthog.
Ces incidents, indique l'article, se sont produits quelques jours après les déclarations de Donald Trump sur la domination totale des États-Unis dans l'espace aérien iranien. Cependant, ces pertes ont remis en question sa rhétorique sur la victoire effective dans la guerre contre Téhéran.
Ainsi, l'ancien membre républicain du Congrès Adam Kinzinger estime qu’il sera désormais beaucoup plus difficile pour Donald Trump de convaincre les Américains que l'Iran est complètement anéanti. Selon lui, cette situation porterait un coup politique au locataire de la Maison Blanche, renforçant les critiques de ses opposants, qui considèrent la décision de déclencher la guerre comme irréfléchie.
Une source de Bloomberg souligne le caractère contradictoire des déclarations du président américain, critiquant la rhétorique musclée et les signaux changeants de Washington. Selon elle, la guerre est déjà devenue un problème politique pour lui et le Parti républicain, et les revirements du président lui-même, qui annonce d’un côté la fin prochaine du conflit tout en menaçant de nouvelles frappes de l’autre, créent des risques supplémentaires.
Un autre interlocuteur de Bloomberg souligne la similitude avec la situation qui a entouré le retrait des troupes américaines d'Afghanistan sous Joe Biden. Selon lui, Donald Trump pourrait faire face à des conséquences politiques similaires, car la perte de cet avion remet en question sa compétence aux yeux des électeurs.
À Abou Dhabi, une usine pétrochimique a suspendu ses activités en raison d'un incendie provoqué par la chute de débris
Les activités de l'usine pétrochimique Borouge à Abou Dhabi ont été temporairement suspendues en raison de plusieurs incendies provoqués par la chute de débris provenant de cibles aériennes interceptées, a indiqué le service de presse du gouvernement d'Abou Dhabi. Selon ce communiqué, les activités de l'usine ont été immédiatement suspendues jusqu'à ce que l'évaluation des dégâts soit terminée. À l'heure actuelle, les autorités d'Abou Dhabi n'ont reçu aucune information concernant d'éventuelles victimes de cet incident.
L'ancien directeur général de l'AIEA dénonce la « folie » de Trump
Mohamed el-Baradei, qui a dirigé l'Agence internationale de l'énergie atomique de 1997 à 2009, a appelé les gouvernements des pays du Golfe à faire « tout leur possible » pour empêcher le président américain Donald Trump de transformer la région en « boule de feu ». Il s'est également adressé à la communauté internationale en lui demandant s'il était possible de faire quelque chose pour mettre fin à cette « folie ».
L'Iran promet d'envoyer les soldats américains « au plus profond de l'enfer »
Le commandant de l'état-major iranien, Ali Abdollahi, a promis d'envoyer les soldats américains « au plus profond de l'enfer », ajoutant qu'ils « y ont leur place ». Il a ainsi répondu aux avertissements du président américain Donald Trump, qui avait menacé Téhéran de l'« enfer » si aucune décision n'était prise dans les 48 heures concernant le détroit d'Ormuz et un éventuel accord avec Washington.
Pilote du F-15 abattu : Axios confirme le sauvetage…
Pour le troisième jour d'affilée, le sort du pilote du chasseur américain F-15 abattu au-dessus du territoire iranien reste incertain, les informations provenant des États-Unis et de l'Iran se contredisant. Ainsi, Axios, citant des sources, fait état du sauvetage réussi d'un membre de l'équipage de l'avion par les forces américaines.
Les sources du portail indiquent que des forces spéciales américaines ont été déployées sur le territoire iranien les 3 et 4 avril dans le cadre d'une opération de recherche et de sauvetage menée sous couverture aérienne.
Toujours selon Axios, au cours de l'opération, des avions américains ont largué des bombes et ouvert le feu sur les forces iraniennes afin de les repousser de la zone où se trouvait le pilote américain. Lorsque les forces américaines se sont approchées de lui, des échanges de tirs ont éclaté. Le pilote était équipé d'une balise et d'un moyen de communication pour coordonner ses actions avec les militaires américains.
Selon des sources du portail, les forces américaines n'ont subi aucune perte, et l'équipage du chasseur abattu a été transporté au Koweït. Un interlocuteur d'Axios a qualifié cette mission de sauvetage de l'une des opérations les plus complexes et les plus ambitieuses de l'histoire des forces spéciales américaines.
Plus tard, le président américain Donald Trump a annoncé le succès de l'opération de sauvetage en Iran. Selon lui, les deux pilotes du F-15 ont été secourus sur le territoire iranien. Il a qualifié cette opération de « l'une des plus audacieuses » de l'histoire des États-Unis. Des dizaines d'avions y ont participé et aucun militaire américain n'a été blessé pendant son déroulement, a déclaré le locataire de la Maison Blanche.
… mais l'Iran évoque un échec
Dans le même temps, le porte-parole du quartier général du commandement central, Ebrahim Zolfaghari, cité par la télévision d'État iranienne, a souligné l'échec de la mission américaine visant à sauver le pilote du chasseur abattu. Selon lui, des appareils ennemis ont été abattus au sud d’Ispahan, notamment deux hélicoptères Black Hawk et un avion de transport militaire C-130, engagés dans l’opération.
CBS News, citant des sources, a par ailleurs rapporté que, pendant l'opération, les États-Unis avaient détruit deux avions américains afin qu'ils ne tombent pas entre les mains de l'ennemi. Selon la chaîne de télévision, les appareils ont été endommagés et n'ont pas pu quitter la zone de recherche. Cependant, aucune des deux parties n'a fourni de preuves attestant que le pilote avait été sauvé ou fait prisonnier, ce qui laisse planer un doute sur son sort.