Vendredi 3 avril
F-15 américain abattu : les médias révèlent des images d'épaves, un footballeur iranien offre des médailles pour la capture du pilote
L'agence de presse iranienne Tasnim a publié des photos d'épaves, vraisemblablement d'un avion de chasse américain abattu.
Parallèlement, la récompense pour la capture du pilote américain se diversifie : le footballeur iranien Mohammad Ansari a proposé, sur son compte Instagram, de récompenser quiconque capturera le « pilote intrus ».
F-15 abattu en Iran : un pilote secouru, le second toujours recherché
L'armée américaine aurait localisé et sauvé l'un des pilotes du F-15 abattu par la défense aérienne iranienne, rapporte CBS News, citant des sources. CNN indique quant à elle que le pilote est vivant, auprès de sa famille, et reçoit des soins médicaux après son évacuation.
Le second pilote est toujours porté disparu et son sort demeure inconnu. Les recherches se poursuivent, selon Axios.
Les États-Unis évacuent des militaires et leurs familles de bases au Moyen-Orient, selon NPR
Les États-Unis ont évacué 1 500 marins, leurs familles et plusieurs centaines d'animaux de compagnie d'une base à Bahreïn, où est stationnée la Cinquième flotte, à la suite d'une série de frappes de représailles iraniennes, rapporte NPR, citant des sources. Selon la station, environ 8 000 personnes étaient stationnées sur cette base avant le début du conflit. Au début du conflit armé, cette base de soutien de la Marine américaine a été la cible de tirs répétés de missiles et de drones iraniens, toujours selon NPR.
Les personnes évacuées ont commencé à arriver à Norfolk, en Virginie, au moins à la mi-mars, indique la station. Des organisations communautaires locales apportant leur aide aux militaires ont signalé que beaucoup sont rentrées avec peu d'affaires et manquaient de produits de première nécessité.
NPR rapporte également que des évacuations ont eu lieu depuis d'autres bases américaines au Moyen-Orient, bien que les détails n'aient pas encore été communiqués. La Marine américaine a déclaré qu'elle fournissait une assistance d'urgence, financière et juridique aux militaires évacués et à leurs familles, mais n'a pas encore indiqué quand ils pourront rentrer.
Poutine et Erdogan insistent sur la nécessité d'un cessez-le-feu rapide dans le golfe Persique
Vladimir Poutine s'est entretenu par téléphone avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan. Au cours de cet entretien, ils ont évoqué l'escalade des tensions militaires et politiques dans le golfe Persique.
Les deux présidents ont souligné que cette crise a des conséquences néfastes, en particulier pour le secteur énergétique, et ont réaffirmé leur position commune sur l'impératif d'un cessez-le-feu rapide.
F-15 abattu en Iran : incertitude sur le sort du pilote, Washington lance des recherches
À la suite d’informations faisant état de la destruction d’un chasseur F-15 américain au-dessus du territoire iranien, les médias iraniens ont annoncé la capture du pilote de l’avion abattu. Des images, présentées comme celles du siège éjecté, circulent en ligne
Plus tard, l’agence de presse Tasnim a rapporté l’échec d’une opération américaine de recherche et de sauvetage visant à retrouver le pilote survivant. Un article d’Axios a ensuite indiqué que l’opération avait bien débuté, mais qu’elle visait cette fois à secourir deux pilotes.
Par la suite, la télévision d'État de la province iranienne de Kohgiluyeh-et-Boyer-Ahmad a annoncé qu’une récompense serait offerte à quiconque capturerait vivant le pilote du chasseur américain abattu. Néanmoins, le sort exact du pilote demeure inconnu.
Le Guide suprême iranien, blessé mais vivant, évite les apparitions publiques pour des raisons de sécurité
Le nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, est blessé mais vivant, indique le quotidien Izvestia, qui cite une source. Le journal ajoute que le nouvel ayatollah ne fait pas d'apparitions publiques pour des raisons de sécurité.
La source ajoute que l'Iran et les États-Unis ne négocient pas et que les déclarations du président américain Donald Trump visent à diviser la société iranienne. Parallèlement, une source diplomatique iranienne indique que Washington envoie des signaux en faveur d'une nouvelle série de négociations, mais que l'Iran n'y croit pas.
Ormuz : l’Iran garantit un passage sans entrave à des navires russes
Trois navires russes pourront traverser le détroit d'Ormuz sans entrave, rapporte le quotidien Izvestia, citant une source diplomatique iranienne. D'après cette source, Téhéran considère la Russie comme un pays ami et informera Moscou si des négociations visant à désamorcer le conflit au Moyen-Orient s'engagent.
En parallèle, l’Iran prépare un encadrement plus formel. Un projet de loi doit fixer les règles de circulation dans le détroit. Une liste des pays autorisés à y transiter est également attendue.
Lavrov appelle les États-Unis à cesser les hostilités plutôt que de discuter d'Ormuz
Sergueï Lavrov a commenté les déclarations du président américain Donald Trump, selon lesquelles, dès que les États-Unis auront mis fin aux opérations militaires dans la région, la navigation dans le détroit d'Ormuz reprendra.
« Le problème, c’est donc qu’il ne faut pas simplement exiger de l’Iran [qu’il ouvre le détroit], mais il faut aussi que les combats cessent. C’est alors que sera rétabli le régime du détroit, qui s’appuie pleinement sur la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, qui régit toutes les normes de navigation en temps de paix », a-t-il fait remarquer.
Zakharova : Washington « reconnaît son impuissance » en frappant l'ancien complexe de sa propre ambassade et une église orthodoxe
La frappe contre l'ancien complexe de l'ambassade américaine à Téhéran est stupéfiante et laisse penser que les États-Unis ont « reconnu leur impuissance », a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, en réaction aux dégâts causés à la cathédrale Saint-Nicolas de Téhéran par des frappes de missiles américano-israéliens. Les États-Unis « ont définitivement perdu foi dans la capacité de leur machine militaire à les ramener victorieux à Téhéran », a-t-elle souligné.
Elle a également souligné que la Russie était choquée par les informations concernant les importants dégâts infligés à la cathédrale Saint-Nicolas de Téhéran à la suite de cette frappe aérienne barbare menée par les États-Unis et Israël. Zakharova a précisé que l'église endommagée était un site historique et architectural unique, la seule église orthodoxe de ce type relevant de l'Église orthodoxe russe et inscrite sur la liste nationale du patrimoine culturel de la République islamique.
L'UE se prépare à un choc énergétique prolongé
Le commissaire européen à l'Énergie, Dan Jorgensen, a déclaré au Financial Times que l'UE se préparait à un choc énergétique prolongé dans le contexte du conflit en Iran. Il a précisé qu'il s'agirait d'une crise avec des prix de l'énergie qui resteront élevés pendant longtemps et une situation qui pourrait s'aggraver dans les semaines à venir.
Le commissaire a souligné que l'UE n'était pas encore confrontée à une crise d'approvisionnement, mais que Bruxelles élaborait des plans pour faire face aux conséquences structurelles et à long terme du conflit. L'UE se prépare aux scénarios les plus pessimistes, même si elle n'en est pas encore au point de rationner des produits essentiels comme le kérosène ou le gazole.
Dan Jorgensen a indiqué que Bruxelles n'excluait pas de puiser à nouveau dans ses réserves stratégiques d'énergie si la situation devenait plus critique. Autre constante : la dépendance extérieure. Aucun durcissement réglementaire n’est prévu cette année pour limiter les importations de GNL russe. Et le recours aux États-Unis ou à d’autres fournisseurs est assumé, au nom du marché.
Désarmer le Hezbollah ? Tsahal reconnaît un objectif « irréaliste »
L'armée israélienne reconnaît que son objectif déclaré de désarmer le mouvement Hezbollah est « irréaliste », car il nécessiterait une invasion à grande échelle du Liban, ce que Tel Aviv n'envisage pas, rapporte le Jerusalem Post, citant des sources.
D'après le journal, l'armée établira son contrôle sur une zone située entre 8 et 10 kilomètres de la frontière d'ici une semaine. Cette mesure vise à limiter la capacité du Hezbollah à lancer des roquettes et à allonger le délai d'alerte pour les habitants en cas de tirs de roquettes depuis le Liban.
Un premier navire d'Europe occidentale franchit le détroit d'Ormuz
Le porte-conteneurs français CMA CGM Kribi a franchi le détroit d'Ormuz et est ancré au large des côtes d'Oman. Selon Bloomberg, il s'agit du premier navire d'Europe occidentale à franchir le détroit depuis le début du blocus iranien. Ce porte-conteneurs bat pavillon maltais et appartient à la compagnie maritime française CMA CGM SA.
Le Kribi a quitté le port de Ghantoot à Dubaï le 28 mars. Le 2 avril, il a signalé sa présence dans les eaux du détroit d'Ormuz. Le porte-conteneurs naviguait alors près des côtes iraniennes, dans le chenal entre les îles de Qeshm et de Larak. Le 3 avril, il a atteint les côtes de Mascate, dans le golfe d'Oman. Selon Bloomberg, le navire peut transporter environ 5 000 conteneurs de vingt pieds.
La consommation massive de munitions épuise les stocks de métaux stratégiques américains, selon Foreign Policy
Les stocks américains de « métaux de guerre » s'amenuisent face à l'augmentation de la consommation de munitions dans la guerre contre l'Iran, rapporte Foreign Policy. Il s'agit notamment du tungstène, métal particulièrement réfractaire qui, grâce à sa résistance élevée, est utilisé dans la fabrication de munitions perforantes et de plusieurs composants de missiles.
La publication souligne que les États-Unis n'exploitent plus de tungstène à des fins commerciales depuis plus de dix ans et dépendent principalement des importations et de la transformation, tandis que la Chine contrôle en grande partie le marché mondial. Dans ce contexte, selon l'article, les prix du tungstène ont augmenté de plus de 500 % depuis le début de la guerre, et le réapprovisionnement rapide de ce métal s'avère difficile en raison de capacités d'extraction et de transformation limitées.
Des « centaines » de victimes militaires américaines : The Intercept accuse le Pentagone de dissimuler les pertes
Le Pentagone sous-estime les pertes américaines au Moyen-Orient, rapporte The Intercept, citant des sources. Selon le magazine d'investigation, le Commandement central américain (CENTCOM) se livre à des opérations de dissimulation, en minimisant le nombre de victimes et en cachant les données relatives aux personnes tuées par l'Iran.
The Intercept affirme que, depuis le début de la guerre américaine contre l'Iran, « des centaines » de soldats américains ont perdu la vie ou ont été blessés. Le média précise que depuis le 28 février, au moins 15 militaires américains ont été tués et plus de 520 autres ont été blessés.
L'Australie déploie secrètement environ 90 parachutistes au Moyen-Orient, selon le Daily Telegraph
Le Daily Telegraph rapporte que l'Australie a déployé secrètement une unité du Special Air Service (SAS) au Moyen-Orient. Selon le journal, environ 90 soldats devraient être stationnés sur la base aérienne d'Al Minhad, près de Dubaï, en prévision d’une possible escalade.
Le quotidien indique que la mission de ce contingent sera de préparer l'évacuation d'urgence et le sauvetage des diplomates et autres citoyens australiens au Moyen-Orient. Le Daily Telegraph assure toutefois que l'unité australienne ne participera pas aux attaques américaines.
Ormuz : les alliés de Washington préparent une issue sans les États-Unis, selon Bloomberg
Les alliés des États-Unis ont entamé des discussions sur un scénario de réouverture du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz sans l'implication de Washington, rapporte Bloomberg, citant des sources. D'après l'article, le Royaume-Uni a réuni le 2 avril plus de 40 pays d’Europe, du Moyen-Orient et d’Asie, aux côtés de l’Australie et du Canada, pour coordonner les premières pistes
Les sources de Bloomberg indiquent que plusieurs pays estiment nécessaire d'inscrire le détroit d'Ormuz au cœur d'éventuelles négociations de cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran. Parallèlement, la coalition se prépare à un scénario où la question devrait être résolue sans Washington, craignant que le président Donald Trump ne mette fin à la guerre contre l'Iran sans plan spécifique concernant le détroit.
L'article ajoute que les participants à la réunion ont discuté de contacts diplomatiques avec Téhéran et d'éventuelles mesures économiques, notamment des sanctions, si l'Iran refusait de débloquer le détroit d'Ormuz. Les parties ont également abordé le rôle de l'ONU et la coordination avec les partenaires des pays du golfe Persique dans le cadre des initiatives visant à rétablir le principe de la liberté de navigation.
Les États-Unis pris de court par les frappes de représailles iraniennes, selon Time
La riposte massive de l'Iran aux bombardements américains et israéliens a pris de court les responsables de l'administration américaine, notamment le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, rapporte Time, citant des sources. Selon l'article, Hegseth s'attendait à une riposte iranienne, mais pas à une telle ampleur.
Le magazine souligne qu'avant l'escalade, le chef du Pentagone avait insisté sur le fait que les frappes contre l'Iran n'entraîneraient pas une guerre ouverte. Il s'appuyait sur l'expérience des frappes précédentes, à la suite desquelles les forces iraniennes s'étaient limitées à une riposte symbolique.
Aujourd'hui, le président Donald Trump cherche un moyen de proclamer la victoire et de mettre fin aux combats, espérant que la situation se stabilisera avant que des dommages politiques irréparables ne soient causés.
« Où est la sortie ? » : Time tourne Trump en dérision sur fond d’impasse face à l'Iran
En couverture de son nouveau numéro, le magazine Time met en scène un Donald Trump désorienté face à la guerre contre l'Iran. « Où est la sortie ? », titre le magazine qui place le président américain face à une carte de l’Iran, figé dans une posture d’examen et d’hésitation. Selon le magazine, Trump, en quête d’issue, s’enlise dans une guerre mal expliquée, engagée sans mandat clair, et qui menace désormais ses promesses de campagne.
Moscou, Pékin et Paris s'opposent au recours à la force pour ouvrir le détroit d'Ormuz
La Russie, la Chine et la France bloquent une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui autoriserait l'usage de la force pour ouvrir le détroit d'Ormuz, rapporte le New York Times, citant un diplomate et un haut responsable de l'ONU. Selon ces sources, la clause autorisant « l'utilisation de tous les moyens nécessaires » pour garantir le passage du détroit est au cœur du désaccord.
Le projet de résolution, préparé par Bahreïn avec le soutien de plusieurs États du Golfe, doit être soumis au vote le 3 avril. Le journal souligne que des désaccords sont apparus non seulement parmi les membres permanents disposant du droit de veto, mais aussi parmi les membres non permanents du Conseil de sécurité. Le projet de résolution a déjà été révisé à plusieurs reprises et en est actuellement à sa quatrième version.
L'Iran affirme avoir abattu un chasseur américain F-35, Washington dément
Hazrat Khatam al-Anbiya, porte-parole du Commandement central iranien, a déclaré qu’un deuxième chasseur américain F-35 de cinquième génération « a été abattu dans le centre de l'Iran par le système de défense aérienne avancé de l'escadron LAKEN-HEATH du Corps des gardiens de la révolution islamique ». Le service de presse indique également que le pilote n'a probablement pas pu s'éjecter en raison de la puissante explosion survenue à l'impact.
Peu après la publication par le Corps des gardiens de la révolution islamique de photos montrant l'épave présumée d'un avion de chasse abattu, le commandement central américain (CENTCOM) a déclaré que ces informations étaient fausses.
Paris juge « irréalistes » les projets de déblocage du détroit d'Ormuz
Lors de sa visite à Séoul, le président français Emmanuel Macron a critiqué les déclarations contradictoires du président américain Donald Trump sur la guerre en Iran et la nécessité de détruire le potentiel nucléaire iranien. Sans évoquer directement le locataire de la Maison Blanche, il a suggéré qu’il fallait « être sérieux », ajoutant que « quand on veut être sérieux on ne dit pas chaque jour le contraire de ce qu'on a dit la veille ».
Dans le même temps, le dirigeant français a qualifié d'irréalisable l'idée de lever le blocus du détroit d'Ormuz. « Ça n'est jamais l'option que nous avons retenue et nous considérons qu'elle est irréaliste », a-t-il précisé, estimant qu'une telle opération « prendrait un temps infini » et comporterait « des tas de risques ».
L'Iran avertit les États-Unis de graves conséquences en cas d'opération terrestre
L'Iran s'attend à une opération terrestre américaine et a menacé de graves conséquences si elle a lieu, a déclaré le porte-parole des forces armées iraniennes, Abou al-Fadl Shakarchi. Il a affirmé qu'en cas d'affrontement terrestre, l'armée iranienne attaquerait les États-Unis avec une telle force que plus personne ne voudrait servir dans l'armée américaine.
Shakarchi a également assuré que le détroit d'Ormuz resterait fermé à long terme à Washington et Tel Aviv et que l'accès leur serait refusé en toutes circonstances.
Politico : Le prix du kérosène en Europe atteint un record de 1 900 dollars la tonne
Les prix du kérosène et du gazole en Europe du Nord-Ouest ont dépassé respectivement 1 900 et 1 600 dollars la tonne, atteignant des sommets historiques dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient durant le week-end de Pâques, rapporte Politico, citant des sources.
Conséquence de la fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran, les aéroports européens sont confrontés à un risque de pénurie de carburant. Les aéroports britanniques, dont Heathrow, sont considérés comme les plus vulnérables, des annulations de vols étant déjà signalées en raison de ces pénuries.
D'autres régions pourraient également rencontrer des difficultés, notamment la France, qui connaît un important déséquilibre entre l'offre et la demande, malgré une plus grande capacité d'approvisionnement alternatif. Politico souligne que si les aéroports européens disposent de réserves suffisantes, des pénuries pourraient survenir dans les prochains mois.