Les combats se sont intensifiés ces dernières 48 heures à Khiam, épicentre du front Est au Sud-Liban, où le Hezbollah tente de reprendre du terrain face à une armée israélienne qui consolide ses positions. Partiellement conquise, la ville reste disputée, notamment dans ses quartiers nord, tandis que les destructions systématiques de bâtiments se poursuivent, illustrant la stratégie israélienne visant à créer une zone tampon jusqu’au fleuve Litani.
Sur l’ensemble du front sud, l’offensive israélienne se déploie sur trois axes. À l’ouest, le littoral autour de Naqoura est désormais sous contrôle israélien, malgré des attaques continues du Hezbollah. Dans le secteur central, les forces israéliennes cherchent à encercler Bint Jbeil, haut lieu symbolique du mouvement chiite, en avançant simultanément depuis plusieurs localités. À l’est, dans la région de Marjeyoun, leur progression est la plus significative, avec des positions atteignant les abords du Litani et des incursions dans des zones stratégiques comme Wadi el-Houjeir.
Le pari de la guerre d'usure
Au-delà de ces avancées, une extension du conflit vers la Békaa-Ouest se profile. Des frappes ciblées et des ordres d’évacuation laissent entrevoir une volonté israélienne de frapper les arrières logistiques du Hezbollah, notamment ses dépôts d’armes. Cette perspective ouvrirait un nouveau front, élargissant encore une guerre déjà très mobile et imprévisible.
Face à cette pression, le Hezbollah affirme avoir adapté sa stratégie. Il mise désormais sur une guerre d’usure, reposant sur des unités mobiles, des embuscades et l’usage accru de missiles sophistiqués. Le mouvement revendique une capacité de résilience renforcée et est prêt à résister plusieurs mois, en pariant sur la lassitude de l'adversaire et sur les évolutions régionales, notamment liées au front iranien.