International

Moyen-Orient : les espoirs de sortie de guerre s’éloignent encore

Les espoirs de désescalade restent fragiles ce 2 avril au Moyen-Orient. Washington maintient la pression sur l’Iran et conditionne toute trêve à la réouverture du détroit d’Ormuz, pendant que les affrontements se poursuivent sur plusieurs fronts et que la crise continue de s’étendre sur les plans diplomatique et énergétique.

Jeudi 2 avril

Un axe stratégique entre Téhéran et l’ouest du pays, frappé à deux reprises

Le pont B1, présenté comme l’un des principaux ouvrages d’infrastructure reliant Téhéran aux régions de l’ouest du pays, a été frappé à deux reprises par les États-Unis et Israël, selon des médias iraniens. D’après Fars, une seconde attaque a visé le site alors que les secours intervenaient après une première frappe, qui aurait fait deux morts.

Donald Trump s’est félicité de la destruction de ce pont, présenté comme le plus grand d’Iran, en promettant à Téhéran « encore beaucoup d’autres choses ». En réponse, l’agence iranienne Noor a publié une liste de dix ponts stratégiques au Moyen-Orient et en Israël présentés comme des cibles potentielles, tandis que plusieurs sites situés au Koweït, en Arabie saoudite, à Abou Dhabi et en Jordanie sont désormais considérés comme des objectifs légitimes.

Trump ou la victoire sans victoire

«Mission accomplie» sans mission… Malek Doudakov, politologue et spécialiste de l’Amérique du Nord, démonte l’allocution de Donald Trump sur la guerre contre l’Iran : un discours saturé d’affirmations, déserté par les faits.

Poutine et Mohammed ben Salmane appellent à un arrêt rapide des combats

Vladimir Poutine s’est entretenu par téléphone avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, selon le Kremlin. Les deux dirigeants ont évoqué la crise au Moyen-Orient et fait part de leur inquiétude face à la dégradation de la situation dans la région, aux pertes civiles et aux destructions d’infrastructures stratégiques.

Moscou et Riyad ont souligné la nécessité d’un arrêt rapide des combats et d’un renforcement des efforts diplomatiques. Ils ont insisté sur l’importance de la coopération au sein d’OPEP+ pour stabiliser le marché pétrolier mondial, dans un contexte de tensions sur la production et le transport des hydrocarbures.

Sept millions d’Iraniens prêts à prendre les armes en cas d’offensive terrestre, selon le chef du Parlement

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé que 7 millions d’Iraniens s’étaient déjà déclarés prêts à prendre les armes pour défendre le pays en cas d’incursion terrestre américaine ou israélienne. Selon lui, une vaste campagne nationale de mobilisation a été lancée à travers le pays ces derniers jours.

Dans un message au ton martial, il a assuré que les Iraniens n’étaient pas des partisans de la guerre, mais que « quand il s’agit de défendre la patrie, chacun devient un soldat ». Et d’ajouter : « Vous venez pour notre maison ? Vous aurez toute la famille en face. »

L’Iran a frappé des sites industriels liés aux États-Unis et à Israël dans le Golfe

Le Corps des gardiens de la révolution islamique affirme avoir visé une installation liée au groupe américain U.S. Steel à Abou Dhabi, un site de l’industrie de l’aluminium à Bahreïn, ainsi que des capacités de production de l’entreprise israélienne Rafael. Selon Téhéran, ces frappes constituent une réponse aux attaques américano-israéliennes contre ses aciéries.

Dans son communiqué, le CGRI décrit ces frappes comme un avertissement et affirme qu’en cas de nouvelles frappes contre l’industrie iranienne, sa riposte serait plus dure encore.

« 250 ans d’histoire face à 6 000 ans de civilisation » : Téhéran réplique à Washington

Un haut responsable du Corps des gardiens de la révolution islamique a répondu aux propos de Pete Hegseth, qui avait évoqué la possibilité de « renvoyer l’Iran à l’âge de pierre » dans le sillage d’un discours de Donald Trump.

Seyed Majid Mousavi, commandant des forces aérospatiales du CGRI, inverse l’accusation : selon lui, ce sont les États-Unis qui « envoient leurs soldats à la mort ».

Dans sa réponse, il accuse aussi Washington d’arrogance, en lançant que les « illusions hollywoodiennes » auraient perverti la pensée américaine au point qu’un pays de 250 ans d’histoire menace une civilisation vieille de plus de 6 000 ans.

Poutine : la Russie est prête à tout faire pour ramener la situation « à la normale »

Vladimir Poutine a affirmé ce 2 avril que la Russie espérait une fin rapide du conflit autour de l’Iran et se disait prête à faire « tout » pour contribuer à un retour à une situation normale. Le président russe s’exprimait au Kremlin lors d’une rencontre avec le ministre égyptien des Affaires étrangères.

Poutine a ajouté que la situation au Moyen-Orient suscitait une vive inquiétude et a souligné l’importance, pour Moscou, d’entendre l’analyse de l’Égypte, un pays-clé dans la région.

L’Iran affirme que les États-Unis ont frappé une salle de sport à Lamard avec un missile, Washington dément

Le ministère iranien des Affaires étrangères affirme que les États-Unis ont utilisé, le 28 février, un missile américain conçu pour disperser des milliers de billes métalliques contre une salle de sport à Lamard, dans le sud de l’Iran. Selon Téhéran, la frappe a fait 21 morts et constitue un « crime de guerre odieux ».

Ces nouvelles accusations interviennent au lendemain du démenti américain. Washington assure qu’aucune frappe n’a été menée ce jour-là sur ni Lamard ni dans un rayon de 48 kilomètres autour de la ville, et soutient que le projectile visible sur les images diffusées ressemble davantage à un missile de croisière iranien Hoveyzeh.

L’ambassadeur d’Israël accuse la France de ne plus agir comme «un ami d’Israël»

L’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, a estimé que plusieurs décisions prises par le gouvernement français montraient que Paris ne se comportait plus comme « un ami d’Israël ». Cette déclaration intervient au lendemain d’une nouvelle prise de position d’Emmanuel Macron, qui a réaffirmé que la France ne prendrait pas part à la guerre au Moyen-Orient.

Le diplomate israélien a néanmoins assuré que les attaques verbales venues de son camp ne visaient pas directement le chef de l’État français.

L’Iran affirme que l’Institut Pasteur de Téhéran a été lourdement endommagé par des frappes

L’Institut Pasteur de Téhéran a subi d’importants dégâts lors de frappes, selon le ministère iranien de la Santé. Son porte-parole, Hossein Kermanpour, a dénoncé sur X une attaque contre un établissement qu’il présente comme un pilier historique de la santé dans le pays et un membre du réseau international des instituts Pasteur.

Des images diffusées par les autorités iraniennes montrent un bâtiment gravement endommagé, avec plusieurs parties réduites en ruines.

Une frappe israélienne fait au moins quatre morts dans le sud du Liban

Au moins quatre personnes ont été tuées et trois autres blessées dans une frappe israélienne sur la localité d’Al-Ramadiya, au sud-est de Tyr, dans le sud du Liban, selon l’Agence nationale de l’information libanaise. Le bilan a été communiqué par le centre des opérations d’urgence sanitaire relevant, d’après la même source, du ministère libanais de la Santé.

Cette nouvelle frappe s’inscrit dans la poursuite des opérations israéliennes sur le front libanais, malgré les appels internationaux à la désescalade.

Pékin pointe la responsabilité des opérations américaines et israéliennes dans le blocage d’Ormuz

La Chine a estimé que les opérations menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran constituaient la « cause première » du blocage du détroit d’Ormuz. La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a affirmé que les perturbations de la navigation dans cette zone découlaient d’abord de ces actions militaires.

Pékin juge que l’arrêt des hostilités est la seule voie permettant de garantir la sécurité du trafic maritime international.

Pékin appelle à un arrêt immédiat des hostilités et à l’ouverture de pourparlers de paix

La Chine a réitéré son appel à une cessation immédiate des hostilités au Moyen-Orient, après les nouvelles déclarations de Donald Trump promettant de poursuivre les frappes contre l’Iran. La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a affirmé qu’il n’existait pas de solution militaire au conflit.

Pékin exhorte les parties concernées à cesser sans délai les opérations militaires et à engager au plus vite un processus de pourparlers de paix.

L’Iran se dit prêt à conclure un accord sur l’usage du détroit d’Ormuz avec des pays européens, asiatiques et arabes

L’Iran se dit prêt à conclure des accords avec des pays européens, asiatiques et arabes sur les conditions d’utilisation du détroit d’Ormuz. Cette ouverture a été évoquée par Elias Hazrati, président du Conseil de l’information auprès du gouvernement iranien, qui affirme que Téhéran garde le contrôle total de ce passage stratégique.

Le responsable iranien a ajouté que les pays souhaitant utiliser le détroit pourraient être invités à conclure un accord avec l’Iran. Cette déclaration intervient alors que Donald Trump a de nouveau exigé la réouverture complète de la navigation dans la zone.

Téhéran juge les propositions transmises par Washigton «excessivement dures et illogiques»

L’Iran a reçu, par l’intermédiaire de médiateurs, des propositions américaines visant à mettre fin au conflit, mais les juge « excessivement dures et illogiques », selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. Il a ajouté que Téhéran abordait ces messages avec une extrême prudence.

Le diplomate a en outre répété qu’aucune négociation n’était en cours entre l’Iran et les États-Unis.

L’Iran dément toute destruction de son potentiel militaire et promet de nouvelles attaques

L’Iran a rejeté ce 2 avril les affirmations de Donald Trump sur une prétendue destruction de ses capacités militaires. Le porte-parole de l’état-major central iranien a assuré que les centres de production de missiles balistiques, de drones de combat, les systèmes de défense antiaérienne et les moyens de guerre électronique restaient opérationnels.

L’armée iranienne a également promis des attaques « écrasantes, plus vastes et plus destructrices » contre les États-Unis et Israël après les nouvelles menaces formulées par Donald Trump.

Trump revendique un changement de gouvernement en Iran et affirme que les objectifs américains sont presque atteints

Donald Trump affirme que les États-Unis ont finalement obtenu un changement de gouvernement en Iran, tout en assurant ne l’avoir jamais officiellement recherché. Selon lui, Washington ferait désormais face à une nouvelle équipe dirigeante, qu’il juge moins radicale que les précédentes.

Le président américain a également estimé que les principaux objectifs de l’opération « Epic Fury » étaient sur le point d’être atteints. Il a insisté sur le fait que la priorité des États-Unis restait la poursuite des opérations militaires.

Donald Trump a enfin affirmé que Washington aurait pu, selon lui, s’emparer du pétrole iranien. Il a toutefois ajouté que les États-Unis n’en avaient pas besoin.

Marco Rubio énumère les objectifs américains en Iran: usines d’armement, marine, aviation et programme nucléaire visés

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a détaillé ce 2 avril, sur X, les objectifs affichés par Washington dans son offensive contre l’Iran. Il cite la destruction des usines d’armement, des forces navales, de l’aviation iranienne et de toute capacité permettant à Téhéran de se doter un jour de l’arme nucléaire.

Dans le même message, il reprend la ligne défendue par Donald Trump, qui érige cette guerre en démonstration de force américaine.