Après plus d’un mois de guerre contre l’Iran, les premiers signes de fissures apparaissent dans les opinions publiques américaine et israélienne. Aux États-Unis, les manifestations antiguerre se multiplient, notamment lors des rassemblements « No Kings », traduisant une inquiétude croissante face à une guerre perçue comme longue et coûteuse. En Israël, l’unité initiale autour de l’offensive s’effrite progressivement, sous l’effet de la durée des combats et de la pression sur l’armée engagée sur plusieurs fronts.
Côté américain, le spectre des guerres passées, comme en Irak ou en Afghanistan, alimente la crainte d’un enlisement. La hausse du prix du pétrole, liée aux tensions dans le détroit d’Ormuz, pèse directement sur le pouvoir d’achat, fragilisant la position de Donald Trump. Sa popularité recule nettement, tandis qu’une majorité d’Américains se dit désormais opposée aux attaques contre l’Iran.
L’allié israélien en question ?
Au sein même du camp républicain, des critiques émergent. La guerre s’accorde mal avec le slogan « America First ». Certains responsables pointent le rôle d’Israël dans l’entrée en guerre américaine, révélant des tensions inédites dans la relation entre Washington et Tel Aviv.
Côté israélien, le soutien à l’opération militaire reste majoritaire mais s’érode. Le chef de l’opposition Yair Lapid a rompu l’union nationale, dénonçant une stratégie militaire floue et des moyens insuffisants. Le chef du gouvernement Benjamin Netanyahou fait face à des critiques croissantes, alors que l’armée subit une pression continue et que les frappes de missiles iraniens, du Hezbollah et des rebelles houthis se poursuivent. La mobilisation des réservistes et les coûts économiques accentuent la fatigue de la population.
Les premières manifestations antigouvernementales à tonalité antiguerre ont également émergé en Israël, signe d’un malaise grandissant. Les opposants accusent le gouvernement de prolonger la guerre pour des raisons politiques internes, notamment pour préserver sa coalition. Malgré cela, les autorités ont renforcé le budget de la défense, illustrant leur volonté de poursuivre l’escalade militaire.
Des deux côtés, la guerre commence ainsi à produire des effets politiques et sociaux tangibles. Si ces contestations restent encore limitées, leur intensification pourrait peser sur les décisions stratégiques à mesure que la guerre s’installe dans la durée.